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Carte
IGN au 1/25 000ème Série bleue
N° 2031 Est LIMOGES N° 2030 Est AMBAZAC |
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Voies romaines, voies gallo-romaines autour de Limoges/Augustoritum (suite) |
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Dans cette dernière page concernant le "bourgeonnement" des voies autour d'Augustoritum, nous tenterons d'affiner la perception très personnelle mais nécessairement limitée que nous avons acquise des voies antiques précoces, dès leur racine autour de "l'urb".
Et dans une autre page nous décrirons sur une plus longue distance, quelques itinéraires que nous jugeons plus tardifs. Des voies antiques entraperçues au cours de longues heures de vol, précédées et suivies d'autres heures plus longues encore occupées à disséquer des documents photographiques et à battre la campagne. Car il ne suffit pas de tirer quelques idées de l'examen attentif d' images aériennes ou de l'étude du sujet à travers les travaux de nos devanciers voire de ressasser le douteux héritage de leurs intimes convictions aux contours incertains . . . L'idée qui finalement prévaudra et nous semblera enfin digne d'être divulguée, sera celle qui ira chercher dans la campagne une continuité géographique aussi longue et bien documentée que possible, jusques et y compris dans son habillage humain. Sans pour autant négliger la formulation des fortes présomptions qui peuvent naître d'une expérience déjà longue , quitte à assumer parfois des constats apparemment contradictoires ou à tout le moins imparfaitement étayés. |
| "Une voie romaine en direction de Saint-Goussaud" par Raymond COURAUD dans Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, tome XCII, p.11-51. |
| Tel un hommage à Raymond COURAUD C'est ainsi qu'à partir de La Maison-Dieu je
me suis retrouvé en bonne compagnie : Raymond COURAUD avait suivi il y a plus de 40 ans, la
rue Aristide-Briand, ancienne route d'Ambazac. Puis pour prendre plus
rapidement de la hauteur, il
remonta la rue de la Bregère sur quelques centaines de
mètres et appuya à droite pour suivre la rue
Georges-Fourest. Il passa alors sous les voies du chemin de fer pour se
retrouver à longer les Bois de la Bastide et la Lande de
Faugeras.
Tout cela me
convenait fort bien car je cherchais, allant vers le nord, cette voie
que la Table de Peutinger indiquait comme étant celle de Bourges/Avaricum passant par St Marcel/Argentomago et un embranchement vers Poitiers/Lemonum.
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Mais très vite en cours de route, en cours de
lecture, j'appris
qu'il cherchait à aller de ce pas vers le petit
théâtre romain du Puy-de-Jouër sur les Hauteurs de St
Goussaud qu'il eut beaucoup de mal à atteindre d'ailleurs et le
trajet très plausible dans son ensemble reste à
préciser dans le détail. Et de là-haut si j'ai
bien compris son raisonnement,
ayant ainsi contourné la profonde vallée du terrible
Taurion, il envisageait une route vers Lyon capitale des Gaules,
une
route d'Agrippa. C'était
une option : Couraud allait au nord pour mieux aller vers l'est. |
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Pour ma part je n'avais pas d'avis sur ce sujet. Il me
semblait cependant avoir remarqué que le romain allait droit au but quitte
à déployer des trésors d'imagination et
d'ingéniosité pour contourner de longue main les plus gros
écueils sur ses parcours.
Néanmoins COURAUD allait nous donner la leçon et cela valait bien que l'on restât quelques instants en sa compagnie. |
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Passé le
travers de
Beaubreuil, il poursuivit tout droit jusqu'à une bifurcation, au
Haut du Châtenet (cercle rouge interrompu). Prenant alors la branche directe, toujours
vieille route d'Ambazac, il descendit à travers les Bois
d'Anguernaud dans le profond ravin qui marque la confluence de la
Mazelle, de la Cane et du Cussou. La retenue d'eau du Moulin de Juriol
dont le niveau a été rehaussé par la
création d'un petit barrage rend aujourd'hui les lieux
particulièrement marécageux.
Tout comme sous le couvert des bois, où toute trace est difficile à identifier sur les clichés aériens, il serait illusoire de rechercher dans le marais actuel la trace de 3 gués. Mais, délaissant alors la route d'Ambazac et m'éloignant d'un raidillon aventureux choisi par Couraud, j'ai cependant pu retrouver un dernier gué possible sur le dernier ruisseau, repéré par un gros rocher en rive du Cussou et
en bordure de la route moderne du Palais dont les lacets
négocient la forte pente. S'alignant sur la grosse pierre et décollant de l'autre côté de la route, une petite tranchée
routière droite dans la montée, nous amène
à peu de distance du passage de la route sous le chemin de fer.
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| COURAUD donc n'avait pas pris le temps de recenser
tout cela; il était arrivé au pont du chemin de fer
directement, au prix d'un saut vertigineux depuis les bois d'Anguernaud jusqu'à un gué unique sur le ruisseau du Palais à hauteur du Moulin de Juriol, suivis d'une montée directe vers Puy-Neige. Mais tout celà n'était pas gratuit : au-delà de la voie ferrée,
il avait parfaitement remarqué les traces d'une très ancienne
route qui
apparaissaient encore il y a 50 ans, grâce à la science
d'un vieux paysan
qui à force d'observation sur ses labours et ses cultures, avait
jugé intéressant de planter deux rangées
de pommiers sur
le comblement des fossés d'une voie antique qui dévalait
la pente (document de fond et raccord "étoile rouge" sur le rajout en dominante bleue ci-dessous).
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Raymond COURAUD accédait ainsi à la crête
de Puy-Neige, route ouverte mais parcours complexe vers les Hauteurs
de St-Goussaud.
Mais Couraud allait à St-Goussaud et il lui importait d'atteindre le plus directement possible, la crête de Puy-Neige.Mais, revenons en arrière : pour le difficile passage du "Ruisseau du Palais" - ainsi que se nomme à partir du Moulin de Juriol, la conjonction de la Mazelle, de la Cane et du Cussou - COURAUD avait d'autres cordes à son arc. Il avait remarqué que la seconde branche de la bifurcation du Haut-Châtenet (peu après Beaubreuil) plongeait en deux longues courbes alternées vers le site de l'église du Palais-sur-Vienne qui passe avec quelque raison sans doute, pour avoir été l'emplacement de la villa antique de Jocondiac (disque rouge) et qui fut plus tard, autour de l'an 800, le site du palais du fils de Charlemagne, Louis le Débonnaire, Roi d'Aquitaine et Empereur d'Occident à la mort de son père. Concernant l'âge de notre itinéraire et sa pérennité dans le paysage historique, la remarque valait tous les latins du monde ! Et là aussi sur cette très vieille route, des vestiges historiques vieux de 2000 ans nourrissaient des rangées de pommiers. Il fit alors une
autre remarque : à partir de la voie de desserte de la villa de Jocondiac et
du palais du Débonnaire, rien ne s'opposait à ce que
fût atteint le site actuel de La Dépesse qui fait vis à vis au site du Poueix par-dessus la vallée profonde du Ruisseau du Palais : premier gué possible.
Et il envisagea également qu'un second gué ait pu exister en aval, dans le profond méandre du Moulin Garat. En effet - et bien que le détail ne figurât pas sur ses photos de 1960 - sur nos clichés de 1964, une trace de voie existe bien sur le promontoire qui domine l'ancien moulin : sur nos photos IGN, des pointes de flèches rouges affrontées sont sans doute assez explicites pour qu'il ne soit pas utile d'en dire davantage. Et ces deux dernières options se raccordent magnifiquement à une longue montée qui aboutit à Puy-Neige. Chapeau, l'artiste ! Un ersatz pour la voie d'Agrippa vers Lyon Mais disons tout de suite le fond de notre pensée : le trajet de la Maison-Dieu à la crête de Puy-Neige restitué avec le brio que l'on sait par COURAUD, comme route antique précoce vers le Puy-de-Jouër et St-Goussaud ne peut pas être considéré comme une manifestation technique flatteuse du génie romain, surtout si l'on considère le passage par la cuvette du Moulin de Juriol. Ces passages scabreux pourraient au mieux représenter des éléments de courts itinéraires de jonction et d'échange entre des voies plus importantes ou des portions de voies vernaculaires irrigant des villas ou des lieux de vie dont nous connaissons encore très mal le nombre et la répartition. Cet itinéraire dans sa version la plus audacieuse - le piège à embuscade de la confluence des 3 ruisseaux au Moulin de Juriol - est cependant repris de nos jours par l'érudition avec de menues variantes, comme la racine de la voie de Lyon à partir de Limoges. Négligeant l'option par le Puy-de-Jouër et St Goussaud, il est en effet admis actuellement qu'il suffit de quitter la crête de Puy-Neige au terme d'une distance incertaine et de plonger en oblique dans la pente pour accéder à un gué hypothétique sur le Taurion qui ouvrirait sur le site actuel de St-Priest. Il faudrait alors traverser le bec de confluence entre Vienne et Taurion dans sa partie haute, comme une importante terrasse alluviale exposée aux crues conjointes des deux rivières, puis affronter un ravin profond ( ruisseau de Réservat-Village, venant de la cote 375) pour enfin avoir accès au-dessus du vieux cimetière de St-Priest, à un itinéraire romain vers l'est enfin digne de ce nom. De là et jusqu'à Sauviat-sur-Vige en effet, l'itinéraire a par contre, été très bien décrit par COURAUD . Nous allons y revenir. |
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Il reste donc que dans toute cette
approche, nous sommes sans doute bien loin de l'itinéraire prescrit par
Agrippa comme une grande route médiane des Gaules. La route tourmentée que
nous venons de décrire ne pouvait être cette voie somptuaire arrivant
de Lyon
sous le règne de l'Empereur Octave-Auguste qui inaugurait ainsi les premières années de
l'Empire Romain en Gaule, les dernières avant notre ère.
Nous imaginons assez bien - mais en terrain plus propice - les
arpenteurs et leurs éclaireurs explorant le terrain loin
devant le front des chantiers. Une innombrable main
d'oeuvre servile composait les phalanges de carriers et les sections
"pelle-pioche"oeuvrant
sous la férule savante et sans faille des "capitaines"
du Génie des Légions. Pendant qu'arrivaient de toutes parts les
caravanes des
provisionneurs de matière d'oeuvre, traînant des
rochers énormes enchaînés sur des fardiers.
N B : Je sais, l'image est audacieuse : a-t-on jamais retrouvé dans les fouilles de voies romaines quelques chaînes de fardiers ou des masses et des massettes de carriers ? Non ? Alors il faudrait peut-être trouver autre chose ! Mais il est vrai aussi que l'on a surtout fouillé des voies ruinées et déjà largement pillées. Quant à l'allusion aux techniciens et ingénieurs du Génie des Légions romaines, elle s'inspire d'un aphorisme militaire vieux comme le monde selon lequel "le capitaine sait tout et fait tout. En revanche, le commandant sait tout mais ne fait plus rien, le colonel est le père du régiment, le général s'étonne et ne comprend pas." |
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Mais, mon propos était de montrer qu'une voie antique vers
le nord était crédible au départ de la Maison-Dieu.
Alors dans le chaos ambiant, je quittai les routes de Raymond Couraud à hauteur du Châtenet. Depuis cinquante à soixante ans les photos de l'IGN mais également et depuis quelques années les couvertures en continu de l'internet, rappellent qu'un chemin direct vers Rilhac-Rancon a un jour existé : il suffit de tenir à gauche la route moderne après avoir passé le voisinage de Beaubreuil, puis de la quitter en restant sur une ligne droite pour entrer dans les Bois de la Mazelle, quelques dizaines de mètres après le travers de la propriété d'Anguernaud. Et au fond du thalweg, les vieux clichés des années 50 et 60 permettent d'apprécier sous forte stéréoscopie, les décaissements de rive de part et d'autre d'un gué sur la Mazelle. Cette échappée d'une voie vers le nord est décrite par le fond photographique IGN de 1964 (ci-dessus) et le rajout de couleur sépia (en haut du document) qui nous amène au-delà de Rilhac-Rancon jusqu'à une nouvelle bifurcation (point rouge) à mi-chemin de la ferme de Janailhac dont nous avons eu l'occasion de parler en page 4 ("Une virée de galerne") de notre site internet. Sur le document sépia ci-dessus, on pourra noter à toutes fins utiles que : . le vieux bourg de Rilhac-Rancon n'est pas situé sur le passage de la voie antique, .
curieusement un noyau d'habitats s'est entretenu sur la voie au
lieu-dit Le Peyrou (l'endroit pierreux) et un autre - toujours sur
la voie -
au-dessus du croisement avec la nouvelle route d'Ambazac (1964) : flèches blanches sur le fond sépia. |
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Le cliché
de GOOGLE (2009) fait suite au cliché IGN (1964) de teinte
sépia. Sa partie centrale nous est connue depuis la page : "Une
virée de Galerne" évoquée ci-dessus.
L'implantation
schématique de la villa d'Arédius (Saint-Yrieix) montre que sa
forme fut sans doute contrainte à la
dissymétrie par la
présence d'une voie antique (secondaire ?), elle-même
affectée d'un détour pour contourner une tête de
source près de la ferme actuelle de Janailhac.
Fernand GAUDY nous signalait en 1995 que les domaines de Janailhac, Bâtissou et Theillet avaient appartenu à l'Abbaye de St Martial jusqu'à la Révolution. Et nous rappelons que ce remarquable et savant autodidacte nous précisait alors que " Saint-Yrieix, dans son testament (570) donne une villa au lieu de Genelac (ou un nom semblable qui n'a pas été identifié) à cette même abbaye". |
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On voit sur notre surcharge d'interprétation qu'en
l'absence de tout autre indice perceptible sur les clichés, le tracé du "chevelu hydrographique" avec localisation des têtes de source, permet de restituer sur des lisières de bois le passage fossile de la voie antique
de Bourges. Une orientation de recherche
à vérifier cependant impérativement sur le
terrain.
Les reports hydrographiques sont issus des cartes IGN au 1/25000ème (2030 Est et 2031 Est) comme seuls documents suffisamment détaillés pour servir de référence dans ce cas précis.
Il existe une forte présomption pour que la trace de voie
antique relevée 25 km au nord, à la Croix-du-Breuil entre
Bessines et Morterolles, soit un élément de cette voie d'Argenton et
Bourges (voir encore la page "Une virée de Galerne").
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Nous avons laissé la voie d'Agrippa sortant de la rivière Vienne à l'atterrissage de Soudanas, s'engouffrer dans la belle tranchée routière des Longes. Dès lors comme nous l'avons souvent constaté,
la route romaine s'est probablement inscrite dans la ligne de pente
permettant de gagner au plus vite et sans effort exagéré
le plateau qui s'ouvre au-dessus de Panazol, à la Croix-Finor.
Mais les plus vieux documents pas plus que les documents actuels de l'internet, ne permettent d'éclairer définitivement un tracé : les propos et les commentaires des clichés qui vont suivre doivent donc être considérés comme la démarche exploratoire préalable aux enquêtes de terrain. Le tracé des voies romaines ? L'art de manier les courbes !
Un
cliché IGN de 1950 permet de repérer dans les terres de Panazol, la très
grande ancienneté d'une portion courbe de chemin (actuellement rue Camille-Saint-Saëns) sur
laquelle se sont longtemps trouvées orientées
deux lignes de limites
parcellaires concentriques : même si nous avons sur notre croquis, un peu forcé le trait pour mieux suggérer que ce ne sont jamais là des divagations gratuites !
Ailleurs mais toujours dans la proche périphérie de Limoges, nous montrerons dans l'intervalle entre deux voies dont l'origine antique ne fait pas problème - mais serait en toute logique décalée dans le temps - la forte "prégnance" de deux diverticules de liaison parallèles sur un parcellaire agricole considérablement plus vaste qu'ici. |

| Le passage près du
cimetière de Panazol , probable, n'est cependant pas un argument
: l'idée de cimetières faisant suite à des
dépôts d'incinération antiques n'est pas
généralisable et la pérénité d'
habitats groupés doit être démontrée avant le Moyen-Age. Un premier indice
intéressant est constitué par la
présence du domaine de La Rue dont le nom est parlant mais
ne constitue pas pour autant un brevet d'antiquité. Plus
intéressant
est une suite d'incidents qui jalonne un possible parcours
illustré par une succession de photos aériennes que
nous allons commenter sommairement. Nous commençons
précisément au domaine de la Rue, peu après le
cimetière de Panazol.
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| Sitôt passé le parc du Château de la Rue une trace non équivoque se remarque de part et d'autre d'un chemin d'exploitation agricole : son orientation tranche les labours et son emprise est conforme à ce que nous connaissons maintenant des voies antiques de première génération. |
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Puis, plus loin, une zone en lanière courbe plus ou moins claire et aride
selon les aléas climatiques, se remarque au nord-est de
Chez-Tharaud et donne l'orientation générale. Une petite
aire pierreuse crée une anomalie pérenne de labour avec
remontée d'eau, dans la grande pièce de Chez-Picat
(étoile rouge). Rares indices de specimen arbustifs dans les
haies traversées. Curieusement, à gauche du
cliché, deux voies d'accés à des maisons
individuelles récentes sont d'orientation conforme (! ?). Le
tracé proposé évite et passe en marge d'une zone
fortement hydromorphe où naît un petit ruisseau tributaire
de la Vienne au Nord-ouest. L'inflexion du tracé routier vers le nord suggère le contournement d'un domaine antique centré sur Chez-Tharaud / la Croix-de-la-Lieue voire Coubras. A noter que le chemin axial est-ouest du village de Chez-Tharaud est bordé de quelques granges et autres bâtiments qui exposent des pierres de construction d'origine très diverse et qui n'appartiennent pas ( en première investigation) à la ressource locale. |
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L'ancien cadastre de Panazol (copie photographique à la
volée, non topographique) fossilise et suggère un autre cheminement possible
qui s'appuie sur des limites de parcelles et des lambeaux de chemins
d'exploitation : la plupart est toujours en place. La continuité
des indices suggère fortement l'existence d'une voie très ancienne qui aurait
nécessité la construction d'une chaussée
surélevée dans la traversée de la zone humide
soulignée en bleu : un contrôle au sol pourrait valider la thèse.
Au bilan, une forte
présomption de route d'origine antique tardive ou
légèrement postérieure. |

| Le
tracé passe par le culmen du château-d'eau et s'appuie sur
la présence de nombreux blocs de pierre remarqués au pied
de la haie fractionnée qui surmonte le fossé de la
route (répétition de points rouges en triangle). Un
important cairn d'épierrement des labours existe en bordure de
la voie de desserte de la ferme de Bonnefont (photo). Enfin dans
l'angle des deux routes, un vaste espace est parsemé de blocs erratiques (au
sens historique du terme). Au dire d'un exploitant agricole
rencontré sur le site, ils sont suffisamment
imposants pour qu'il soit plus rentable de les contourner lors des
façons agricoles, plutôt que de tenter de les extraire et
de les évacuer. Nous avions contrôlé sommairement à la jumelle ce site
il y a 10 ans. La zone est actuellement couverte par du maïs en
tige, il faudra attendre l'hiver pour une nouvelle visite voire un inventaire. Nous ne rappellerons pas ce que nous avons déjà évoqué au sujet d'aires de concassage des blocs approvisionnés en rive des voies. |

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Le passage par le Poirier-Renard et Gourly nécessite le
franchissement de deux gués. Le passage du petit
ruisseau de Bonnefont ne doit pas poser problème, la
traversée de la large terrasse alluviale du ruisseau des
Villettes apparaît peu engageante.
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| Une variante (en jaune) permettrait d'éviter le ruisseau de Bonnefont. Resterait la traversée du ruisseau des Villettes en aval des Planches, avec des abords plus pentus mais sans doute plus solides que dans la proposition précédente . |

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Nous proposons ci-dessous un tracé conjectural au nord du vieux
bourg de St Just. Il se fonde dans la continuité des
précédents, par une trace non équivoque mais
très courte dont nous donnons un agrandissement au bas du
panneau. Nous signalons tout près une possible structure agraire
en hortus avec habitat sur un petit plateau entre deux combes : le Combaud.
Au sud du vieux bourg et contigu à l'église (toit
d'ardoise) un possible enclos paroissial ou ancien cimetière. La
signature de l'indice définit sa nature : la fondation
arasée en sous-sol d'un mur : effet drainant et asséchant (pointe de flèche
jaune).
Enfin et prolongeant la route venant de Gourly, au-dessus du cimetière, un fossé présente tous les signes d'un très ancien chemin. Pour la traversée
de cet espace, d'autres variantes sont possibles aboutissant ou non
à l'indice encadré en rouge. Nous rappelons que nous
sommes dans le cadre d'une démarche exploratoire,
préalable à une vaste enquête de terrain.
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| Pas de commentaire supplémentaire pour ce passage et ses possibles variantes que nous avons visité trop sommairement et à une époque où notre manque d'expérience ne nous permettait pas de faire des constats valables (1988 et 1989). |

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Au terme de notre
exploration sur 12 km d'un possible parcours antique depuis le passage
d'eau de Soudanas/Les Casseaux sur la Vienne, nous retrouvons cette même
rivière au gué de Lannaud à St Priest-Taurion, au droit de la ferme du Bas-Lavaud sur notre rive.
Nous venons
d'accomplir un parcours de vastes plateaux et de longues pentes, sans
traquenard topographique ni risque d'embuscade de fond de
vallée, de cuvette ou de ravin en n'ayant eu - dans le meilleur
des cas - à franchir qu'un seul gué sur le ruisseau des
Villettes.
La comparaison avec ce que nous offre l'itinéraire de l'érudition locale dont nous avons débattu à la page précédente est riche d'enseignements, rappelons-nous : après la lente et confortable montée de la Maison-Dieu au plateau de Beaubreuil c'est la descente des bois d'Anguernaud, le trou de Juriol, la rude montée vers Puy-Neige, une nouvelle descente vers un gué sur le Taurion, la traversée d'un long bec alluvial exposé aux crues de 2 rivières et le franchissement d'un dernier ravin généreusement creusé par le ruisseau descendant de Réservat. Et tout cela pour un parcours total sensiblement plus long. Ils n'étaient quand même pas si fous que cela ces romains qui avaient quelques décenies plus tôt, écrasé leurs voisins sous une géniale maîtrise du terrain ! Et sur un itinéraire stratégique aussi important que la voie de Lyon à Saintes, nous les voyons difficilement et de propos délibéré, affronter inconsidérément des terrains difficiles et risquer de se perdre dans des petits Roncevaux et des Dien-Bien-Phu fangeux ! |
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