ARCHEOLOGIE  AERIENNE
EN  LIMOUSIN



Cartes  IGN  au 1/25 000ème   Série bleue   N°  2031  Est   LIMOGES
                                                                     N° 2131  Ouest   St LEONARD-DE-NOBLAT
                                                                     N° 2130  Ouest    St SULPICE-LAURIERE


La voie antique de Limoges à Lyon :

 seconde partie.



   En 1989, une observation aérienne au-dessus de St Priest,  nous permettait de confirmer une opinion de Raymond Couraud parue en 1968 dans le Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin (tome 95) mettant la voie antique de Lyon en parallélisme avec la route communale qui quitte le bourg de St Priest vers l'est-nord-est devant le vieux cimetière, entre les lieux-dits La Roche et Les Pampisses et en direction de Bellevue et La Chassagne.
   Du même coup se signalait au pied de la pente, en rive droite de la Vienne, venant d'un vieux gué, un court chemin bordé de murs en pierres sèches. Il était environné dans les anciennes prairies de rive et les jardins, par des cairns d'épierrement et des plages de cailloux roulants. 
   Le tracé de la voie antique entre ce vieux chemin et le haut du cimetière se heurte à un fort escarpement déjà colonisé en 1989 par des maisons individuelles.  Le phénomène d'occupation s'est évidemment amplifié avec des créations de terrasses, emmarchements, remblais, murs de soutènement . . .  qui rendent  le site difficilement lisible. Ici comme ailleurs en terrain difficile, il faut admettre l'audace raisonnée du romain et sa propension à affronter la difficulté de face, avec le minimum de concessions.
   Rien n'interdirait cependant de rechercher quelque trace d'une montée sensiblement plus douce au voyageur, allant décrire du côté de l'église (astérisque rouge) une large courbe  partant de la grande prairie de rive entourée de murs et allant traverser l'angle du cimetière par une anfractuosité toujours en place au flanc supérieur de la voie ferrée.

    On observera sur notre photo (ci-dessous, à droite)  qu'au bout du chemin,  le gué sur la Vienne se situe au droit de la Ferme du Bas-Lavaud dont nous avons fait état à la fin de notre page précédente et dont on aperçoit les toits en haut du cliché, derrière les arbres. Sur la rivière, cet endroit était dénommé autrefois le gué de Lannaud en référence peut-être à "la nau" (le bateau) d'un passeur qui offrait ses services au voyageur.



                                Sur les pas de Raymond COURAUD
         Voies romaines de la Haute-Vienne.
VI. Voies romaines et chemins antiques dans la région de Sauviat 
par Raymond COURAUD et François JULY dans  Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, tome 95, 1968


   A partir du vieux cimetière, la pente se fait moins forte.
  Nous ne sommes pas là par hasard : souvenons-nous qu'à la page précédente nous avons laissé sur la hauteur de Puy-Neige, Raymond COURAUD venant de Limoges et essayant de retrouver les traces d'une voie antique vers le Puy-de Jouër près de Saint-Goussaud, étape majeure selon lui sur la route de Lyon/Lugdunum, capitale des Gaules.
  Et le revoilà sur la hauteur de Saint-Priest, venant on ne sait d'où, mais bien décidé  en allant vers l'est, à retrouver une nouvelle voie vers Lyon. Comme un raccourci  peut-être à l'itinéraire par St Goussaud, plus tardif  peut-être si on suit l'avis de nombre d'érudits limousins qui depuis le XIXème siècle, avaient pressenti  l'existence de cette voie. 
   Au départ de Limoges, Couraud n'a sans doute pas oser braver les idées reçues pour arriver jusque-là en proposant une voie directe depuis le Pont St-Martial  passant par Panazol et St Just-le-Martel et jusqu'à St-Priest-Taurion, au gué de Lannaud, sur la Vienne.  Mais à partir de là il épouse un consensus dont il va très vite reconnaître le bien-fondé.

   Ainsi Couraud n'est pas très explicite sur la façon dont le romain est arrivé sur la hauteur du vieux cimetière de St Priest. Et  s'il n'en dit rien à ma connaissance c'est bien qu'une descente à partir de la crête de Puy-Neige vers la rive droite du Taurion suivie d'un gué,  n'ont pas dû lui paraître très orthodoxes. Cependant,  aujourd'hui encore, c'est toujours cette solution vide de tout argument, qui nourrit de nouvelles publications prétendument savantes et par voie de conséquence, subventionnées.

  Quoi qu'il en soit et à partir du vieux cimetière de St-Priest, COURAUD va sortir d'un  flou archéologique certain les traces tangibles de cet antique   cheminement. Il va ainsi produire un itinéraire  d'une  précision quasi métrique en s'appuyant sur les clichés de l'IGN de 1960.
  La mission verticale IGN de 1960 cependant, dont nous avons inventorié quelques centaines d'images avant de l'abandonner - quitte à y revenir pour d'autres raisons -  se montre peu performante pour l'archéologie à cause de prises de vues effectuées au cours d'un été qui fut tempéré, sans doute ni trop chaud, ni trop sec, ni trop humide : un été où la terre n'eut pas à souffrir de ces accès d'aridité  où la végétation mobilise pendant quelques jours l'humidité profonde emmagasinée dans les anciennes tranchées des routes romaines et des enclos gaulois.

  C'est en survolant cet itinéraire à la fin des années 1980, guidé par le travail de COURAUD que j'ai commencé à comprendre ce que pouvait être une voie romaine et à pouvoir ajouter au parcours qu'il nous dévoilait, quelques traits inédits d'un paysage gaulois et gallo-romain que la carence de ses documents, les difficultés matérielles de l'époque et le temps d'investigation au sol qu'il s'était imparti - entre autres raisons - ne lui avaient  pas permis d'entrevoir.

                          De Saint-Priest à la Croix de Nicord : premier aperçu


   Cinq stations jalonnent cette première partie du parcours, retenues en raison des indices que nous livrent les photos et la valeur d'exemple de chacun d'eux.
   Une première partie de parcours dont nous marquons la continuité en rouge, n'est pas à l'abri d'interrogations dans son parti-pris d'affronter un passage de ruisseau qui pouvait être facilement contourné sans allongement de parcours et par  la présence d'un diverticule dont nous comprenons mal la nécessité.
    L'itinéraire proposé par COURAUD matérialisé par des flèches jaunes sur notre plan IGN, suit la route communale de St Priest à la Chassagne (La Croix) puis un ancien chemin rural jusqu'à la Croix-de-Nicord, un carrefour entre  la Départementale 56 de St Léonard à St Martin-Terressus et la  D 56a de St Priest au Châtenet-en-Dognon. Rien dans ses documents ne lui permettait de penser qu'il put en être autrement jusqu'à ce carrefour  tant  le profil de chemins assurément très anciens prenant la suite de la route communale, servait son projet. Un projet que n'aurait pas désavoué le plus pointilleux des ingénieurs romains à ceci près que, comme toujours, certains traits de l'environnement politique, matériel et humain de l'époque nous échapperont pour longtemps encore.

 Or nous avons appris depuis lors - et pour ce qui nous concerne tout au moins - qu'il est toujours productif de s'intéresser aux détails de planimétrie (tracés blancs) qui barrent topographiquement un projet routier en cours d'élaboration :
                         . peu après la maison de Bellevue, un chemin rural permettait au bout de moins de 100 mètres de "sortir des sentiers battus" et de découvrir une belle tranchée routière qui s'enfonçait dans les bois,
                         . dès avant les premières maisons de la Croix et toujours à gauche de la route communale, un second chemin permettait de découvrir à un peu plus de 200 mètres, un haut pont de pierre sèche (un comble pour un pont !) qui avait permis à la voie de négocier à niveau le passage d'un petit ravin,
                          .  enfin, en suivant pendant trois cents mètres la route de Réservat à partir de la Chassagne, on pouvait découvrir à main droite, le décaissement d'une énorme tranchée routière qui dans la continuité, escaladait la pente. Les chènes pluriséculaires qui la bordaient, entretenaient dans ce vaisseau une pénombre de cathédrale qui décourageait toute autre  végétation qu'une courte strate herbacée. Cependant, quelques taches blanches ou claires se remarquaient dans la montée, générant des fourrés de ronces :  des ustensiles ou équipements ménagers de rebut, une gazinière, un frigo, un vieux matelas . . . Et dans une friche au bord de la route, pratiquement invisible, une pancarte hors d'âge : "Défense de déposer des ordures".
   En zone sensible, n'oubliez jamais ces pancartes, un des multiples "pont aux ânes" méconnus qui font le sel de la prospection des voies antiques !

   Mais pêle-mêle la déprise agricole , la tempête de 1999, des aménagements de plein-air liés à des constructions nouvelles ont bien changé le paysage et rien n'est plus comme avant !
                             
                        Le site des Pampisses



   Sitôt passé le vieux cimetière de St Priest, au sud de la route communale, 3 parcelles agricoles plus ou moins normées sur l'axe routier :
                               .  la première, à gauche, semble trahir une structure en damier que nous rattachons à notre corps défendant et faute de mention explicite dans la littérature archéologique locale, aux coutumes agricoles de l'époque gallo-romaine : les "hortus". Dans son angle nord, à droite, une trace ovoïde de remontée d'humidité avec en son centre une tache ponctuelle plus claire : nous avons rencontré une structure exactement similaire en bordure de la voie de Limoges à St Gence au lieu dit "Petit-Bellegarde". Origine anthropique certaine mais utilité inconnue.Voir notre page : "Voie de Rancon", même site.
                              .  parcelle centrale :  pas de commentaire archéologique évident. Deux plans de fracture du socle géologique se signalent par des remontées d'humidité.  Et  un cairn d'épierrement irrégulièrement approvisionné et prélevé selon les années et souvent recouvert de fougères : actuellement il est surmonté d'un énorme massif arborescent  en boule, composé d'un saule et d'un sureau rassemblés près desquels  des bovins viennent se mettre à l'ombre. Voyez ce qu'il en était il y a 30 ans. Mais, que vient faire le sureau dans ce contexte ?  Au fond des jardins, on veut bien, mais là ?
                              .  parcelle de droite : deux ou trois traces biaises (est-ouest) à peine perceptibles. Auréole d'assèchement autour des chênes en bordure de la route.

   Mais au sud, tout change. Le parcellaire présente une orientation totalement différente et apparaît tronqué par la limite des  parcelles dont nous venons de parler. Cette orientation discordante trouverait son origine dans une trame que nous avons tenté de mettre en évidence à partir d'une photo de GOOGLE : il semble avéré que des petites parcelles sous-jacentes aient été séparées par des petites allées de deux à trois mètres de large. Encore une structure agricole en "hortus"dont on suspecte l'origine antique voire protohistorique. Voir notre page "Gaulois et gallo-romains", même site.
    Il n'est pas jusqu'à la petite route du nouveau lotissement des Pampisses, à gauche sur notre image, qui nous pose problème. Cette  trace de petite route nous narguait  depuis 20 ans. Or elle ne figure pas à l'ancien cadastre napoléonien : elle serait donc apparue en tant que route dans l'intervalle et assez vite disparue. Sinon,  quelle serait donc son origine ? Egalement antique ?




                                      Bellevue et la "Pierre du Mail"


   Les images se suffisent à elles-mêmes.  Et depuis des temps immémoriaux une borne routière antique replantée à l'envers nous cache toujours une éventuelle inscription. Au moins sommes-nous  sûr tant elle est bien encadrée par des indices incontournables, qu'elle n'a pas dérivé depuis l'époque antique.
  Plus loin,  deux arbres-témoins se font vis à vis : ce sont souvent des chênes mais ici des hêtres. C'est un spectacle assez rare; il faut le plus souvent se contenter d'un seul.
 Comme les multiples petits indices dont je vous ai fait part et qui jalonnent les parcours antiques, le cas des arbres isolés est toujours intéressant bien qu'à apprécier prudemment et dans un contexte sensible.
  Et il n'est pas question, au moindre arbre "en boule" au milieu d'un champ pas plus qu'au pied d'une touffe de houx ou près d'un tas de cailloux sortis d'un labour . . .  de sauter en l'air comme un cabri en criant :"la voie romaine, la voie romaine, la voie romaine ! ".


                            La Verde

I

   En suivant nos traces aériennes voilà que le petit ruisseau de la Croix se met en travers de notre route. Et c'était encore à la fin  des années 1980 un vrai petit ravin que l'on n'a jamais pu franchir  que par un pont - un pont rustique élevé en "pierre sèche" !

    Questions aux mânes de l'ingénieur antique :
                               -  est-ce pendant la construction de ce haut mur surmontant l'arche d'écoulement que fut construit un diverticule de contournement dont nous avons d'abord trouvé l'image sur nos photos avant d'en repérer une  trace complémentaire en filigrane, sur la mission IGN de 1964 ?
                                -  ou bien est-ce  par manque d'entretien qu'un jour une embâcle se forma et boucha  le passage de l'eau sous le petit pont?  Il se serait alors formé un petit lac de retenue  en amont de la chaussée surélevée jusqu'à ce que le trop-plein  passât  par-dessus : il suffisait alors d'enjamber la rigole. . . et ça marchait encore et toujours il y a 20 ans ! Alors, au constat de cette facilité était-il encore nécessaire de créer un diverticule ?
                                -  ou bien ce "diverticule" ne serait-il pas en fait la voie d'origine effectuant ici un "crochet" pour contourner  un passage difficile non prévu par l'équipe d'éclaireurs . . .  et pour réparer temporairement leur bourde en quelque sorte ?
                                                                 
  Petite incidence : ne cherchez pas la retenue d'eau en amont de l'ouvrage; il y a belle lurette qu'elle a été colmatée jusqu'au niveau de la chaussée par les matières en suspension apportées par le ruisseau. Et ne cherchez pas non plus à retrouver l'image que j'en donne : le site a subi un aménagement paysagé avec remblaiement, nouveau barrage et creusement d'un petit lac en aval, seule subsiste la rigole en travers du chemin . . . mais on lui a coupé l'eau.
   Enfin c'est une propriété privée.

   Pendant ce temps Couraud, plein de bon sens et en parfait connaisseur des us et coutumes antiques aura contourné la tête de source dudit ruisseau et  rejoint la Croix de Nicord par une voie encore utilisée au XIXème siècle et  dont le tracé  en double flexion bien apparent sur les photos, est typique des itinéraires d'origine antique (flèches jaunes).
  Evidemment il s'agit probablement d'une voie de l'antiquité tardive voire du Haut-Moyen-Age, et qui est venue à moindre frais,  remplacer la grande voie institutionnelle trop incommode et pour cela tombée en désuétude et ruinée par les prélèvements des riverains.

  Et depuis lors, à toutes les époques, d'autres cheminements furent créés et tous peu ou prou, ont laissé des traces.



                             La ferme gallo-romaine des Caux

   Il n'est pas rare - et il serait même fréquent si nous avions pris la peine de nous plonger dans l'étude des matrices cadastrales et des "états des sections" du cadastre napoléonien - que les traces issues de l'observation aérienne ou de l'étude des couvertures de l'IGN, nous amènent à des noms de lieux troublants pour peu que des linguistes nous éclairent sur leur origine.
   Il en est ainsi de "LES CAUX" francisation du nom occitan "LAS-CAUX" tout aussi incompréhensible que le précédent d'ailleurs. Il est pourtant très répandu en Limousin. En Limousin où la forme naturelle serait plutôt LACHAUD par agglutination de l'article et glissement du C en CH , tel dans la commune d'Augne (87) où un ancien La Chalm (avant 1073) est devenu de nos jours Lachaud . . . avec un exemple similaire en Creuse et beaucoup d'autres sans doute pour lesquels aucun grimoire n'est venu jusqu'à nous du fond des âges, en trahir la forme d'origine.
   Car le vocable CHALM ou CALM proviendrait du vieux radical indo-européen CAL véhiculé  par le latin CALMIS ou CALMA en vieil occitan.
  Et tout cela pour décrire une hauteur parsemée de CAILLOUX roulants : les restes d'une ancienne voie romaine désaffectée depuis des siècles et pillée dans le même temps de ses matériaux pour toutes sortes de nouveaux usages. Et parfois - sans que je sache pourquoi - des CAILLOUX encore stratifiés sur un substrat de CALCAIRE pilé ainsi que je vous l'ai montré dans d'autres pages, en d'autres lieux.
   Comprenons bien que "LES CAUX" ne peut être le nom de ce lieu à l'époque gallo-romaine : le latin ou le bas-latin parlé en ce temps-là ne comportait pas d'article devant les noms; chez nous, il faudra attendre pour cela l'émergence du vieil occitan, postérieurement à l'an mil .
   Beaucoup plus précoce pourrait être par contre l'origine du village de "CAUX"qui s'expose sur son promontoire au-dessus de la Vienne, à 1 km au sud de Bellevue : ici, il ne serait pas étonnant de découvrir les traces d'un très vieil édifice.

     Et vous vous souvenez peut-être de cette voie romaine au nord-ouest du Dorat  - courte mais monumentale : 32,50 mètres d'un fossé à l'autre. Le village au bord de l'eau, où  sa somptuosité venait s'évanouir a toujours pour nom LA CAILLE, un lieu dont les terres devaient être "chaillouses" (pierreuses) comme on disait autrefois en vieux marchois. Revoyez "Gaulois en marche" même site.





   Une ferme et sa résidence existaient probablement ici à l'emplacement  du petit bois de feuillus et au-delà puisque nous trouvons à proximité immédiate une parcelle qui porte encore les traces de ces petits champs de culture que faute de mieux, nous avons baptisés "hortus" et dont la trame pourrait s'étendre bien au-delà de ce que nous montrent les photos.
  Une ferme gauloise donc et  bâtie en matériaux périssables, puisqu'aucune rumeur archéologique n'a jamais fait état à notre connaissance, de la présence possible à cet endroit d'une ruine de villa antique classique bâtie à chaux et à sable.
   A noter également deux petites voies de circulation en connexion avec la voie principale. L'une de ces petites voies desservait un site ponctuel actuellement surmonté d'un bosquet ou d'un gros arbre.

  Une large trace verte s'observe dans la prairie qui descend de la zone des voies vers la source du ruisseau de la Croix. Ce pourrait être une ancienne limite parcellaire : elle figure comme telle à l'ancien cadastre où elle traverse - par antériorité d'origine - la route de Réservat. Cependant une haie arasée  laisse rarement  une trace pérenne et surtout pas de cette importance et de plus, selon le cadastre actuel, l'indice semblerait en connexion avec le bosquet évoqué ci-dessus. 
  A noter sur le haut du plateau ( points rouges) deux limites de parcelles en retour d'équerre et qui se signalent sur les photos aériennes par une trace dédoublée : caractéristique connue selon notre expérience, comme d'origine antique voire protohistorique.
  Une retenue d'eau a  récemment été creusée au droit de la  source du ruisseau de La Croix et notre trace verte pourrait être tout bêtement le passage d'un captage venant du haut du terrain .

  Une somme de petites remarques  signalées à toutes fins utiles et dont la connexion n'est pas évidente.

  Et en tout état de cause, on comprend mieux la double angulation que présente la voie antique de part et d'autre du petit bois de feuillus.
 On peut rêver et imaginer le gaulois "Cassanix" barrant le passage au technocrate routier qui  pour ne pas déroger au culte de la sacro-sainte ligne droite, s'apprètait à couper en deux  sa modeste demeure : notre gaulois  fut sans doute assez persuasif  pour que  finalement  le chemin  du cursus publicus de l'Empire passât au large. Et ne croyez pas qu'il s'agisse d'un cas isolé : à St Gence, à Taillac, à Chassenon nous avons observé des cas  plus représentatifs encore de tels accommodements générant des dévoiements de grande ampleur.
  A noter également l'image dissymétrique de la voie avec une seule bande cavalière et piétonnière reportée du côté amont : cas unique constaté pour une traversée de déclivité aussi peu importante.
   On notera pour la petite histoire, encadré en rouge, dans le lointain de notre photo ci-dessus, un possible cimetière à incinérations : les cendres et le charbon regroupés dans les fosses autour de l'urne,  forment autant de  niches   qui emmagasinent , retiennent  et restituent l'humidité de façon plus performante que le milieu encaissant .
    Et plus loin encore, aux limites de notre cliché et pour l'édification du randonneur, un fort dépôt de grosses caillasses en face de la route des Rieux.


                             Carte blanche à Raymond Couraud



Inutile de multiplier les couleurs, ici, à 40 ans de distance nous souscrivons complétement au tracé de Raymond COURAUD et c'est à peine si nous avons surpris en complément à son travail, quelques  tas d'épierrement au coin des labours, une trace de  voie  dans les coupes de forêt au nord de Sainte-Marie, deux petites incidences au nord de Reconseil . . ..


                         Passages antiques au nord de Reconseil

   L'emprise de la  voie antique est  bien illustrée sur une courte portion de la photo (entre les pointes rouges).
 
  Sous la lisière du bois, à gauche, le fossé amont et le relief de la route antique sont parfaitement conservés et de gros blocs de pierre parsèment encore la chaussée .

 En grénetis blancs, sur 250 mètres, la voie a  servi  en  des  temps  très reculés et sur cette courte distance, de limite territoriale entre deux paroisses.
  Et on sait qu'en 1790 les communes ont généralement repris les mêmes délimitations.
 
   L'empreinte de chemin, visible dans le champ, constitue toujours un emmarchement dans la pente. C'est le premier tracé du chemin agricole qui circule sur la photo. Il n'a rien à voir avec  la voie romaine.

   En somme, aujourd'hui comme en 1989, la voie est toujours là mais la friche a beaucoup gagné et la chemin qui montait dans les terres n'existe plus.
   Pour la beauté de la démarche nous avons voulu savoir à quel niveau la voie antique avait traversé la zone fortement humide de Malassaigne (mauvaise sagne = mauvais marécage).

   Retour en arrière de quelques centaines de mètres  pour trouver un autre chemin  qui monte vers le nord et qui doit nécessairement recouper notre voie à moins que celle-ci ne se soit évadée entre-temps vers le Châtenet-en-Dognon, en traversant subrepticement la Départementale 5.
  Cent-cinquante mètres plus haut sur le chemin agricole le spectacle est édifiant (ci-dessus) :  le bourrelet résiduel de la voie  est là avec son fossé nord  à gauche, descendant à travers le taillis encore encombré de pierraille de tout calibre. Le fond des terrassements de la voirie antique et le fossé de droite jouent toujours leur rôle de drainage et amènent de là-haut une veine d'eau qui crée une fondrière en travers du chemin.
  Un "coup de boussole" pour prendre un azimut, un trait sur la carte  et tout naturellement on note la subtile inflexion qui a été donnée à la Départementale 5 lors de sa création (fin XIXème ou début XXème) pour faciliter (?) son passage par-dessus les antiques reliefs pierreux d'une voie romaine !
  Simples coïncidences diront certains, hasard diront d'autres !

   Et pourtant, "sur la terre comme au ciel", ce sont  ces petites remarques  dont la continuité linéaire est remarquable, qui fondent  la véracité des "retrouvailles" de voies antiques !

   Localisation dans les petits cadres rouges du panneau synoptique IGN ci-dessus.
   
                       De l'Age-Peyramont à la Gâne-Chassounaud           



   A hauteur de l'Age-Peyramont un indice très fort apparaît sur les photos de l'IGN (mission de 1960 que nous avons tendance a appeler la "mission Couraud" !). Une visite sur place dans les années 1980 montrera  une tranchée profonde de 2 mètres environ qui s'étend en arrière d'une lisière de bois sur 100 mètres avant d'être affectée d' un virage à angle droit vers le nord  (site de l'étoile rouge) : des terrassements à angles vifs et sans mesure avec ceux, plus modestes,   laissés par le pillage ancien d'une voie antique.
   Laquelle voie antique pourrait par contre se situer quelques dizaines de mètres au sud. et progresser vers l'ouest sur une ensellure entre deux hauteurs ou   pour les contrariants, comme une cloison entre deux naissances de thalweg : tracés rouge (voir la carte IGN au 1/25000).
   
   A noter que COURAUD - intarissable connaisseur du terrain -  envisage un diverticule prenant naissance à l'Age-Peyramont et contournant le bassin de la Vige et de ses affluents. Il rattrape la voie principale de part et d'autre de Saint-André par une jonction en triangle. Initiative réaliste ou pas, Couraud reste dans la lignée technique des ingénieurs romains.

   Et, précisément récemment et par acquis de conscience, nous avons décidé de visiter quelques passages du tracé COURAUD (en rouge) dans sa descente vers le gué de la Gâne du Renard (GR) : peine perdue, les chemins sont privatisés par des clôtures électriques et apparemment le regard fixe des vaches montre bien qu'elles ne sont plus ce qu'elles étaient.
 Nous avons alors  emprunté la nouvelle petite route (1981) des Farges à Peudrix et autres lieux.

   L'entour ouest de la propriété enclose  des Farges se signale par un buissonnement très compact de houx  ce qui est pour nous le signe d'une fréquentation humaine dense et très ancienne. Passée la propriété  on débouche sur le haut d'une prairie barrée par 2, 3, 4 cépées de noisetier d'une vigueur peu commune : nous avons fait ailleurs nos remarques sur la présence de cet arbuste amateur de terre fraîche.
  Au milieu des noisetiers s'amorce une longue dépression qui descend vers un arbre en boule, un chêne. avec au pied, un petite terrasse de culture - souvenir d'une vieille  haie ayant arrêté pour un temps le ruissellement du versant.

  Notre tracé en vert se situe manifestement en dehors du passage de la voie principale. Il faut sans doute y voir le diverticule d'accès à un possible site de services : " l'Aire de repos des Farges". Un relais d'attelage peut-être que les historiens appellent une "mutatione" souvent évoqué dans l'équipement des voies et sorti tout nu des textes antiques. Mais jamais  à ma connaissance et vu la modestie des vestiges qu'ont laissés ces installations, on n'a pu en montrer aucun exemple en Limousin .

               

   Au bas de la pente, dans la courbe de la petite route, la petite voie  - car nous avons là tout comme une grande, les caractéristiques d'une ancienne voie antique ruinée -  ira  se raccorder à travers bois et dans une profusion de massifs de houx, à un chemin agricole encore ponctué de bosquets-reliques. Couraud rappelait le nom traditionnel de ce lieu : la Gâne du Renard. C'est ici que nous aurions dû le rejoindre.

  On aura noté au centre droit de notre dernière photo, une seconde terrasse de culture entre un  improbable sapin et quelques saules en boule qui profitent ainsi de la retenue périodique des eaux de pluie.
   Et, au bout de ma flèche en bas et à gauche, une petite touffe de ronces, comme un détachement pionnier avancé, qui attend la relâche agricole pour remonter la pente.

Attention : l'étude stéréoscopique des clichés aériens a incité les cartographes à signaler ici un petit ruisseau , en fait comme on le voit, c'est une combe sèche. Les "compléteurs" et les contrôleurs de l'IGN ne peuvent évidemment tout voir et tout vérifier sur le terrain.

    La Gâne-Chassounaud est dans le cap, allons-y avec Raymond Couraud..



                      Le site de la Gâne-Chassounaud

 Sur cet extrait de la carte IGN au 1/25000 n° 2130 ouest (St Sulpice-Laurière), nous avons fait figurer en gros traits rouges l'entrée et la sortie de la voie antique sur le site telles que les avait vues Raymond COURAUD.
  Cependant, un contrôle  sur le terrain  nous permet de reconnaître une arrivée sensiblement décalée, suspectée depuis la route de Montanty,  et fossilisée localement en sous-bois au nord de la route actuelle (voir ci-contre).

  Par ailleurs l'appréciation du modelé du terrain en rive de la Bobilance nous incite à penser que l'ingénieur romain n'a pas utilisé l'étroite bande de rive au pied du promontoire qui surplombe la ferme  de la Gâne établie à peu de distance du rivage peu engageant du ruisseau. Pour les besoins des riverains d'aujourd'hui, on notera que déjà en 1989, la tombée du promontoire avait  été piochée et on peut observer actuellement au sol qu'elle a  encore été  retaillée récemment.
   Après le gué sur la Bobilance, l'élévation au-dessus du fond de vallée  et le "perchement" sur la croupe sont des solutions plus  plausibles : tracé rouge crénelé sur la carte et sur notre photo, mais sans garantie d'exactitude métrique.

    Et malgré la  petite échelle de ses  croquis, il semble bien que  Raymond COURAUD ait fait une remarque semblable en son temps.

   
   Détails de peu d'importance sans doute mais illustrant assez bien la démarche du prospecteur devant des parcours mal caractérisés et ambigus.  Il est  toujours important de rester conséquent vis à vis des enseignements que l'on a pu dégager d'une longue expérience. Et nous notons sans l'avoir physiquement parcourue que cette hypothèse de tracé est jalonné par 3 ou 4 rochers cyclopéens repérés à la jumelle et des amoncellements de blocs d'épierrement dont les plus gros sont discernables sur le bandeau d'ouverture, en tête de cette page.

Un diverticule
   Par contre et tout à fait certain car bien documenté par l'analyse des photos aériennes, est le tracé d'une voie antique qui monte vers le nord en direction de Marlhac (tracé vert). Il  s'agit très probablement de la première branche de la jonction à l'itinéraire antique venant du site de St-Goussaud -Puy-de-Jouër dont l'existence ne paraît pas devoir être mise en cause : voir le grand cliché synoptique "Un petit camp d'étape" ci-dessous, après la Gâne-Chassounaud. 

 Le  propriétaire  a cultivé les terres de la Gâne  depuis son plus jeune âge; son petit-fils nous confirme que les labours des parcelles agricoles figurant sur notre cliché IGN ci-dessus, ont toujours ramené en surface des blocs de pierre de toutes tailles sur les zones ponctuées en vert.
  Sur le versant de rive droite du Taurion venant du Puy-de-Jouër (St Goussaud), de nombreux vieux chemins bien orientés au sud, concourent à rendre plausible l'existence d'une voie antique descendant, via Séjoux et Virareix, vers une zone  guéable, sur le Taurion, 300 mètres en amont du "Pont des Lilas". 
  Vaille que vaille et sans que cela constitue une preuve, parmi d'autres photos sur cet axe au nord du Taurion, il semble bien que nous ayions  intercepté en 1985, ce qui ressemble à une courte portion de voie sur une culture de maïs, dans une clairière au sud de Séjoux  : photo égarée mais souvenir précis et restitution ci-dessus (Séjoux) d'après une note sur nos cartes. Mais une image ne fait pas une voie !

  Voies romaines et limites territoriales

   Il arriva  certain jour - c'était aux temps de l'antiquité tardive voire du Haut-Moyen-Age - que s'instaura le besoin de fixer des limites territoriales pour marquer le ressort de communautés liées à l'essort d'une religion nouvelle : le christianisme. Ces limites de paroisses - puisqu'il faut les appeler par leur nom - se devaient d'être facilement mémorisables et  s'appuyèrent donc sur des lignes bien inscrites dans le paysage : ruisseaux et rivières, lisières de bois, routes et chemins en usage et nouvellement créés pour desservir de nouveaux lieux de peuplement, mais aussi vestiges de routes anciennes plus ou moins conservées ne serait-ce que pour la facilité  de  circuler encore ça et là sur leurs bas-côtés mais aussi pour les ressources en matériaux de construction et de pavage qu'elles recèlaient encore depuis les temps de la démesure romaine qui les avaient créées.
   Après quoi survinrent les appétits des hommes :  les querelles publiques et les empiètements, les accaparements privés fixés par le temps et devenus irréversibles . . . bousculant les  limites anciennes. On se souvient  même que des évêques s'y illustrèrent . . . entre les diocèses de Limoges et de Périgueux .
  Et cela dura  plus d'un millénaire à l'issu duquel  les communes créées par la révolution de 1789 fondèrent  grosso modo leurs limites sur celles des vieilles paroisses.
   Nous n'avons pas fait de statistiques mais sur la voie qui  nous occupe nous n'avons  été suvi par des limites communales que de manière sporadique, généralement en rase campagne et sur un peu plus d'un kilomètre de distance cumulée .
    Ce sont - par défaut - de tels détails qui valident la très lointaine origine antique et généralement  l'abandon précoce, des voies que nous essayons de décrire.

   Car après ces prouesses de l'après-conquête, ce fut l'antiquité tardive  et rien ne fut plus comme avant.  


                           Un petit camp d'étape ?


     
   Le cliché ci-dessus reprend la problématique "Gâne-Chassounaud". On remarquera au départ de la voie de liaison vers Marlhac une figure maculaire en 5 points organisés autour d'un point central : c'est le rappel exact de la trace que nous avons signalée dans un rond rouge, à proximité du carrefour de la Croix-de-Nicord, sur un cliché GOOGLE plus haut dans cette page.

   Nous prolongeons le tracé de cette jonction jusqu'à Marlhac comme le  côté d'une bifurcation "en triangle" vers l'hypothèse St-Goussaud avec une petite hésitation entre un chemin actuel qui monte vers le nord et,  à partir du carrefour intermédiaire, une trace assez vague, à gauche, dans la culture.
  Le positionnement du 3ème côté porté en tiretés verts, demande à être évalué sur le terrain à partir d'une courte section reconnue près de Marlhac. Ainsi, les bifurcations de voies antiques observées  en étoile à trois branches, se résolvent généralement à distance par un troisième côté qui fluidifie  le cheminement et nous ramène au cas général du triangle : du grand art antique illustré ici.

   A noter que Couraud situait une bifurcation en étoile à quelques mètres de là, récupérant le tracé de la route des Quatre-Vents (flèches jaunes).
  Et à hauteur des Ribières, il formait tout narurellement un raccord en triangle sur la voie principale avec un itinéraire  venant de l'Age-Peyramont - comme une alternative sans doute un peu trop longue à mon goût - mais qui lui avait permis de coutourner un maximum de sources.

  On observera également comment deux  inflexions successives de la Départementale 12 venant de sa construction à l'époque moderne,  valident  s'il en était besoin, la double section de la voie antique effectuant sa courbe vers le nord.

   Celle-ci prenait ainsi du tour pour éviter un probable petit camp d'étape. En extrapolant vers le sud la trace relevée et sous réserve d'une enquête sur le terrain, on pourrait englober  une source dans l'enceinte du camp. 

 Trace de la voie  à hauteur des Quatre-Vents et réseau orthogonal

en surimpression de l'esquisse de camp antique de l'Union




   Deux arbres en boule soulignent encore le tracé de la voie. Constat de 30 ans aussi bien que d'aujourd'hui, celui de gauche est chaussé d'un énorme tas d'épierrement et des cailloux  parsèment toujours les labours sur l'ancienne bande de roulement :  signature lapidaire incontournable.
 
    Enfin le nom du lieu : "l'Union", venant en droite ligne du latin,  appelle la notion  de réunir, de joindre . . . ainsi qu'il sied à une jonction de voies.

  Dans la parcelle labourée de l'autre côté de la route, la trace claire pourrait être une ancienne levée de terre providentiellement révélée ici à la faveur d'un labour et dans l'attente d'en savoir éventuellement davantage quand les autres parcelles subiront la même façon culturale.Et nous aurions ici un camp militaire d'étape.
  La pente versant vers le haut de l'image, la teinte sombre qui borde cette trace serait due à l'arrêt au pied du barrage, de la colluvion de versant  charriant puis déposant  au fil des temps anciens, des matières organiques : l'indice est bien sûr totalement nivelé.
  Un tracé en damier est dessiné en surimpression de la fortification éventuelle. Sous fort grossissement on note que les traits qui délimitent les petites surfaces élémentaires  sont en fait des petites allées. La petite structure quadrillée est évidemment postérieure au  camp éventuel.





Les humbles choses qui portent témoignage. . . et qui n'ont pas dit leurs derniers mots.






La traversée du plateau des Ribières




   La voie antique traverse en crête le plateau des Ribières; l'arbre n°5 occupe le milieu d'une longue zone plane. On peut être assuré que l'excroissance aberrante de parcelle en limite droite du cliché a  bel et bien été guidée par les reliefs de la voie romaine : nous avons fait sur un autre site un constat sans appel du même phénomène  et observé des perturbations du même type ailleurs.  
   Sur la grande pièce en maïs (ci-dessus) les petites flèches signalent  les fossés résiduels de petits cheminements ou des terrassements linéaires; les autres linéaments observables ailleurs  sur le site sont plus certainement d'origine géologique. Le hêtre double monumental n° 6 tient sans doute son grand âge et sa belle santé de l'apport de nutriments collectés dans la pente par ces petits fossés comblés mais encore perméables.  
   On notera en observant finement les deux images ci-dessus, que les traces de chemins antiques se lisent sensiblement mieux que des traces de chemins agricoles abolis récemment. Bien qu'il y ait parfois superposition.


   Les érudits du XIXème et du XXème siècles ont vu beaucoup de choses; ils ont tenté - comme nous le faisons aujourd'hui - de leur donner un sens : " Entre les Ribières et Pontauty, BOSVIEUX écrivait que la voie se voyait sur près d'un kilomètre à sa saillie . . .  et à son cailloutis; il avait observé un assemblage de 5 pierres dont une debout de 90 centimètres, se demandant s'il s'agissait d'une borne ou d'un montoir."  Couraud nous rapporte encore que la "borne-montoir" aurait été déplacée en 1967 seulement et il nous indique sa nouvelle place. 
   En hommage à Monsieur Auguste Bosvieux nous restituons ci-dessus le plus fidèlement possible et en cet endroit précis, le tracé de sa voie.  Et nous entourons d'un cercle sa borne-montoir. Même si elle n'était pas sous nos ailes en 1989, exactement là où il l'avait vue en 1862.

   Mais si vous passez par là ne la cherchez pas, elle a disparu.  




        La voie antique à Pontauty et les gués sur la Vige et son affluent. Cerclé de rouge, au nord-ouest de Pontauty,  un petit camp à enceinte fossoyée ou/et talutée, probablement  antérieur à l'époque romaine.
   Et au sud de la ferme, au-dessus de l'étang, à gauche d'un ancien chemin évoqué par un trait tireté, de vagues traces pourraient être, au vu de leur emprise,  les modestes restes d'un habitat antique (astérisque) et ce malgré un environnement assez humide naturellement.

  Et pour finir, une perspective ouverte de Pontauty jusqu'aux Quatre-Vents et  la Gâne.
   Depuis l'Union une longue descente amène la voie  jusqu'au gué de St André (le "Got St-André" de Couraud). Notre route antique va alors occuper le faîte d'une longue dorsale entre deux ruisseaux.jalonnée par deux arbres remarquables : 4 et 5 de la photo "Arbres".
   Enfin c'est la plongée vers la  zone basse  occupée par les multiples affluents de la Vige et à l'époque de la photo par des réseaux d'irrigation et de drainage.
   Avant de passer la rivière légèrement en amont du pont actuel et de remonter par La Martine vers les hautes terres de la Creuse. Ce long passage a été décrit de longue date par les érudits limousins. Et Raymond Couraud nous le rappelle dans son texte :

                 Voies romaines de la Haute-Vienne :
  VI. Voies romaines et chemins antiques dans la région de Sauviat  par Raymond COURAUD et François JULY dans  Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin, tome 95, 1968.



    Notre restitution de l'itinéraire antique s'appuie d'abord sur nos photos. Mais par souci d'une ultime précision nous avons passé une après-midi sur le site. La seule incertitude mineure résiderait dans la place exacte de la courbe qui descend vers le Petit-Pontauty et contourne une ligne de chênes pour éviter une mouillère : une trace sur plusieurs photos nous inciterait à l'élargir vers la droite, mais en ce mois d'août,  des maïs empêchent tout contrôle.
  En tout état de cause l'intérêt est mince .

  
  Nous remarquons également mais sans grande conviction, un possible  et grand enclos rectangulaire traversé par la voie antique (astérisque rouge), mais à l'ancien cadastre il y avait là des chemins de terre et de très anciens parcellaires.
   A la fin des traces - il faut bien se rendre à l'évidence - le gros hêtre double n° 6 dont nous avons déjà parlé  profite bien de l'Histoire.

   Passé la Vige à la cote 394, la voie romaine va s'élever progressivement par la Croix d'Epagne jusqu'à un petit sommet de cote 430 qui domine les lieux-dits La Martine et Le Puy-Renaud sur un vaste espace ensoleillé parcouru par de petits ruisseaux..
   Nous ne nous souvenons pas y avoir jamais rien vu qui évoque formellement des aménagements anciens ou des habitats. Cependant nous avons entouré un jour cette zone sur nos cartes et dans l'est de Puy-Renaud nous avons posé un point avec cette mention : "villa ?" C'était sans doute en 1985, lors  de l'étude stéréoscopique  des photos de la mission COURAUD (IGN 1960). A notre corps défendant, nous entrions à peine en archéologie.




Et la voie antique continue son cours en terre creusoise. Couraud la suivra sur quelque distance, proposant des diverticules, des alternatives; puis l'abandonnera pour aller chercher des jonctions avec l'Oppidum de Villejoubert qui avait sans doute et déjà beaucoup perdu de son importance à cette époque. Sans oublier la voie de jonction de St Goussaud-Puy-de-Jouër qu'il tentera de préciser sur le terrain mais avec moins de brio et plus de difficultés que pour celle de St Priest à La Martine semble-t-il.
   Nous terminerons là notre "coup de chapeau" à Raymond COURAUD sans manifester  aucune intention de le suivre et de reconstituer par le menu  l'Atlas routier du pays lémovique à ces hautes époques. Nous nous en tiendrons à essayer de retrouver sans concessions - et à chaque étape d'en tirer leçon - ce qui reste des grands axes initiés par Agrippa et ses successeurs du Haut-Empire et la tâche est encore suffisamment longue.






            Clôture du site   " limousin-archeo-aero.fr"   et poursuite de la publication sur :


                                                                                             VILLEJOUBERT EN LIMOUSIN 
    le plus grand oppidum des Gaules,
           3 pages sur le nouveau site
                                       

 Pages en préparation, sans ordre et à l'inspiration,
    qui n'épuiseront pas le sujet . . .


       
         AUGUSTORITUM
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(suite)
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