
| Gaulois et gallo-romains |
|
Tout naturellement en Limousin et en dépit de ce que l'on
pourrait croire, les premières anomalies qui apparaissent
à l'observateur aérien, démasquent vite une
origine
qui remonte aux temps les plus
lointains et sans doute les moins éclairés de notre
Histoire. Ce sont les traces laissées par des peuples qui privilégiaient dans leurs habitats, leurs
sanctuaires et leurs modes de vie, les fossoyages, les
levées de terre et les matériaux périssables: le dernier Age du Fer,
dont on situe l'apogée aux derniers temps de l'indépendance gauloise.
Epoque de transition avec la suivante, la haute antiquité gallo-romaine à
laquelle nous
ferons également référence, tant il est vrai que
les acquits et les habitudes de vie ne changèrent
pas soudainement d'un jour à l'autre, au lendemain de la
conquête romaine.
|
|
Orphelines,
nous qualifions ainsi des images isolées et qui
restent souvent énigmatiques depuis le
temps de leur découverte : des anecdotes dans un grand espace vide
où l'on cherchera en vain d'autres indices plus ou moins
concordants et les traces intelligibles d'un mode de vie qui se dérobe encore à nous.
![]() Car nous n'avons jamais trouvé trace des lointaines civilisations remontant du vieux temps des Ages de pierre. Et c'est à peine si nous pouvons proposer quelques images évasives, d'aménagements remontant peut-être à l'époque du Bronze ou à l'aube du premier millénaire avant notre ère, aux débuts de l'Age du Fer. Tel ce grand tracé ovoïde au sommet d'un mamelon : un habitat fortifié dont il reste quelques traces de cabane et une "entrée" aménagée. Ou cet autre, apparemment circulaire, plus grand encore et qui n'est peut-être que la périphérie résiduelle d'un grand tumulus arasé. Ou ce petit rond "rituel de l'Age du Bronze" dans son environnement de trous de poteaux et de linéaments ténus ou tels autres, isolés au pied d'une colline, près d'un ruisseau. |
|
A d'autres moments, en d'autres
endroits, c'est à dire au hasard - car la stratégie
du chercheur
aérien se résume souvent à cela - d'autres images
se sont montrées heureusement assez explicites pour qu'on puisse
au
moins formuler une hypothèse plausible autour du
phénomène perçu et
approcher parfois l'idée jamais
évoquée, d'un phénomène historique
nouveau. |
![]() |
L'interprétation : Le
mamelon naturel a été écrêté et les
déblais repoussés à la périphérie, tantôt étalés ou tantôt et en tant que de besoin, relevés en buttes défensives. Les
fissures du socle rocheux apparaissent. Sur l'ensemble nivelé,
l'humus qui tapisse encore les fonds de cabane, dessine des taches plus
vertes, plus humides, rondes, ovoïdes, carrées.
Au centre, parmi d'autres moins marquées, les traces de deux rangées de trois forts piliers. Ils pouvaient supporter à leur sommet deux pannes intermédiaires qui soutenaient elles-mêmes, en bascule, des arbalétriers qui pouvaient courir du sol jusqu'à la panne faîtière. Plus ou moins frustes, des entraits de contention peuvent être envisagés. Une autre maison moins puissante peut-être mais plus longue, devait exister en léger retrait au centre, tandis qu'entre les deux, quatre petits poteaux répartis en carré pourraient être les vestiges d'un grenier sur pilotis. |
|
Nous n'avons
jamais trouvé ailleurs et dans un tel environnement du
temps de l'indépendance gauloise, pareilles implantations de vastes demeures
à trois nefs (un habitat aristocratique ?) mais uniquement de rares traces de huttes rondes ou ovoïdes.
|
|
La présence d'une ruine de bâtiment ancien, était connue de vieille date sur cette parcelle de terre : elle n'avait pas échappé aux laboureurs d'autrefois qui accrochaient et ramenaient en surface des blocs de pierre, du mortier et des fragments d'enduit. On parlait alors de "la chapelle de Lespinasse". A droite, sur le cliché de fond, une petite villa romaine. Un début d'année sec avait sévi pendant quelques mois : les souches de murs enfouies sous les labours asséchant la terre, avaient retardé la levée d'un semis. L'image agrandie montre en
plan, une
large cour entourée de bâtiments sur 3 faces. Elle
s'ouvre au sud-est
selon une orientation recherchée
par les romains et privilégiée dans leurs
habitats.
|
![]() |
|
Du côté opposé, la villa s'adosse
à un vaste parc
dont nous avons esquissé l'emprise par des indications en rouge sur l'image de fond. Cette villa isolée mise à part, on sait peu de choses de l'histoire antique du petit bourg tout proche. Cependant, une découverte de monnaies mérovingiennes frappées carovicus, le fera entrer dans l'histoire. Et bien plus tard il deviendra Château-Chervix. |
|
Par rapport à nos gaulois, nous
avons fait ci-dessous et par exception, un bond de mille ans en
avant. Nous nous retrouvons dans une période qui flotte autour de l'an mil. On ne pouvait décemment pas ignorer ce site et le nommer : "L'Embergement".
Voici une trace inédite, des plus anciennes que nous connaissions, des débuts du régime féodal. |
![]() |
Il s'agit de la trace d'un large
fossé
circulaire maintenant comblé et au pourtour arasé. Un potentat local
s'était fait construire une tour en bois sur un remblai
de terre venue du fossé qu'il avait fait creuser en
guise de protection et de défense. Un arc interne moins marqué, devait être une basse-cour
où pouvaient venir se réfugier les manants du voisinage en cas
d'insécurité. A l'avant, une trace plus foncée
pourrait marquer
l'emplacement d'une entrée à pont.
Le
site se trouve actuellement dans une vaste zone agricole entre
deux forêts.
|
| Le nom vient du latin albergamentum, le lieu où l'on attire des hôtes. On peut imaginer un seigneur ayant attiré des travailleurs dans le voisinage de sa tour, pour leur faire défricher la forêt en échange de sa protection, d'une cabane ... d'un lopin de terre ? Pour
une meilleure
efficacité défensive le fossé devait être rempli
d'eau bien qu'on ne discerne pas de trace de ruisseau ni de
source permettant de l'alimenter.
Cependant le plan du géomètre de l'ancien cadastre (1826) témoigne en faveur d'un fossé encore inondable il n'y a pas deux siècles. |
![]() |

![]() |
|
A l'extrème nord du département de la
Haute-Vienne, une repousse d'herbe sur un chaume, nous montre à
quelques jours d'intervalle, deux images d'un grand enclos
"trapézoïdo-para-curviligne"
de tradition gauloise: ce type de structure
est connu en Angleterre et en Bretagne. Nous avons pour notre
part, repéré un enclos semblable sur la
voie antique précoce encore inédite, jalonnée par
Limoges, St Gence, Rancon et Magnac Laval. Nous en reparlerons.
Remarquons toutefois que les enclos de forme rectangulaire ou carrée sont les plus fréquemment observés.
Sur la photo très contrastée au bas de notre
panneau, on observera à droite, dans l'angle
inférieur de l'enclos principal, un sas
d'entrée puis, toujours à l'intérieur,
quatre voire cinq taches qui pourraient fossiliser d'anciens trous de
très forts poteaux. L'idée qu'ils aient pu supporter une structure d'habitat
apparaît peu plausible.
On
observera que le comblement des fossés par des rebuts
domestiques ( voir ci-dessous ) puis par la nature au cours du temps, a créé
un milieu perméable qui conduit l'eau à fond de fouille
jusqu'au débordement sur l'angle bas de la structure, suivant la pente de la parcelle (bavure verte).
Sur cette parcelle
de terre, on notera encore, à gauche, un autre
enclos rectangulaire aux fossés larges et peu marqués. Il
serait surmonté par une petite dépression topographique
qui a accumulé la colluvion du versant et qui retient
l'humidité (voir la hauteur de la haie).
Enfin, à l'extrème droite de la parcelle, on
observe un grand rond marqué par de larges fossés
interrompus autour
d'une possible tache centrale. Nous tentons de préciser cette
forme par une légère surimpression rouge sur le
cliché de base. De l'avis des
spécialistes, ces structures énigmatiques
remonteraient aux premiers âges des métaux voire au
dernier âge de pierre sans que l'on ait découvert
semble-t-il, leur destination précise.
|
|
Un dernier cliché pris cinq ou six ans plus tard
révèle la trace (cliché en surimpression
circulaire sur le panneau ci-dessus) de
l'arasement et de l'épandage d'une levée de
terre intérieure à l'enclos trapézoïdal.
Edifiée avec le déblai profond du fossé, la
trace claire montre que l'arasement du monticule résiduel et la
mise en culture ne remontent pas à très longtemps :
l'humus de surface n'a pas eu le temps de se reconstituer. En effet,
l'horizon humique de nos terres agricoles est essentiellement de nature
forestière. En regard de son origine extrèmement lointaine
aux premiers temps du quaternaire, les deux mille ans d'âge de nos
enclos apparaissent comme une seconde d'éternité.
|
![]() |
Ci-contre
à gauche et dans la même commune du nord de la Haute-Vienne, un petit
enclos carré, montre également des traces d'arasement
de
sa levée de terre intérieure.
Ce nivellement ultime est intervenu il y a 20
ans
environ : il devait permettre selon ses dires, au jeune agriculteur qui avait
repris le domaine, de cultiver la pièce de terre d'un seul
tenant.
|
![]() |
| L'image oblique
de fond (à droite) montre dans son espace central (que nous avons désaturé
en noir et blanc pour une meilleure lecture) des remontées d'eau qui trahissent la présence de fossés et d'excavations comblés (lignes et taches noires).
L'image surimposée prise dans une autre circonstance,
sous un angle proche de la verticale, rend à l'enclos sa forme
véritable : un carré aux angles adoucis qui appelle
une interprétation en faveur d'un sanctuaire archaïque
gaulois : "vierekschanze" ou "sanctuaire de type belge" selon la terminologie des spécialistes.
Mais sur ce nouveau cliché les traces linéaires périphériques, ont subi une inversion de valeur.
Le potentiel hydrique de ces comblements s'est non seulement
épuisé mais de par sa nature, le remplissage accentue maintenant de
surcroît l'effet de la sécheresse ambiante. D'où le
jaunissement de la strate herbacée. Il faut tenir compte de ces
avatars climatiques dans l'interprétation des photos aériennes (voir
ci-dessous le chapitre du comblement des fossés d'enclos).
|
![]() |
|
Forme carrée, angles adoucis en "carte à
jouer", des caractères qui s'ajoutent aux autres traces figurant sur l'un et l'autre
de ces
clichés, tant à l'intérieur de l'enclos
qu'à l'extérieur. . . .
notre interprétation ne va pas fondamentalement à l'encontre des constats des
spécialistes français de ces structures rituelles à offrande et à
sacrifices .
Dans tous les cas de figure, une approche
de la
vérité
historique ne peut provenir que de la fouille : au préalable, de
grands décapages de surface sont nécessaires pour
accéder au niveau d'abandon des structures.
Si sanctuaire il y a, précisons que ces enceintes rituelles et leurs
fossés étaient le réceptacle d'objets :
armes, parures, objets domestiques, sacrifiés dans le but
d'obtenir une faveur divine. Dans la même idée on y trouve
également des ossements de gros et petit bétail . . . et
des restes humains qui posent d'autres problèmes.
|
![]() |
Mais, pour en venir à l'image de structures peut-être plus typées voici à gauche, dans le
cadre rouge et révélé sur
un tiers
de sa surface environ par une prairie
brûlée par la sécheresse
estivale, une autre trace que les spécialistes attribuent avec quelque certitude
à des sanctuaires à double enceinte toujours dans la tradition gauloise.
Nous en connaissons un autre exemple, également tronqué, au nord d'Oradour-sur-Glane.
En essayant de rester simple face à des sites de pratiques rituelles mal
connues, évoquons ce que l'on sait
du sanctuaire de
Gournay-sur-Aronde (Oise) qui, contrairement à notre découverte isolée,
faisait partie d'un important complexe.
|
![]() |
|
A Gournay, les deux
fossés
étaient séparés par
une palissade. Le fossé interne, le plus important,
était cuvelé par des douelles de bois et avait reçu les dépôts
votifs variés évoqués ci-dessus.
Sans préjudice d'ossements humains sans tête, déposés
en pyramide, sous abri, quelque part sur l'étendue de l'enceinte.
Sur ces lieux même mais parfois ailleurs, plus tard, lorsque se fut instaurée "la paix romaine" et la fusion
syncrétique des dieux des deux communautés, le fanum gallo-romain reçut
les dévotions plus sereines des populations. Les vieux sanctuaires
gaulois avaient déjà été fermés et se firent progressivement oublier.
Dans le même temps se sabordèrent les druides. |
|
Nous empruntons aux chercheurs bretons de l'Université de
Rennes (on n'emprunte qu'aux riches !) le relevé de la coupe d'un fossé (repère
rouge sur le plan cadastral de fond) d'un enclos d'habitat très semblable au nôtre, évoqué plus haut et que nous rappelons en surimpression. On remarque des couches successives de rebuts
qui ont été déversés dans le fossé
au cours des 2 siècles de son occupation.
Ce remplissage a été entrecoupé et
finalement complété après abandon des structures,
par les éléments naturels (argile, sables et limons. . .)
amenés par le ruissellement, en alternance avec l'humus
apporté par les litières annuelles des plantes sauvages.
Ces derniers éléments ont donc assuré une grande part du comblement qui a pu être parachevé jusqu'au nivellement total, par les pratiques agricoles. Ce remplissage a créé un milieu fractionné, perméable et suffisamment aéré pour former un excellent réceptacle et réservoir d'eau de
pluie qui fait la différence durant les courtes périodes
de sécheresse estivale avec la faible capacité de
rétention d'eau des sols environnants à dominante
argileuse, phénomène encore aggravé par la faible
capacité de restitution des argiles.
En cas de sécheresse persistance cependant les remontées d'eau au droit des petits fossés peuvent cesser assez vite, la perméabilité des milieux jouant dans les deux sens (nous l'avons évoqué plus haut). Mais heureusement, on arrive à lire assez longtemps en arrière-saison, les restes des effets de luxuriance dans les prairies et les cultures. Signalons enfin la part importante d'un humus d'origine végétale et animale dans ces matériaux de comblement , de colmatage ou ayant reçu une imprégnation : bas-côtés des voies antiques en particulier. Cela suffit-il a expliquer la présence constante de quelques specimens marquants d'une flore fortement nitrophile sur des vestiges protohistoriques ou antiques abandonnés depuis près de deux millénaires ? Nous parlerons plus loin du sureau. |
![]() |
![]() |
![]() |
J'ai eu la chance d'observer la coupe de tels
fossés lors d'une opération de drainage sur les parcelles
de l'une de mes découvertes : la grande ferme gauloise de La Chatrusse (Commune de Veyrac
87). Le remplissage était constitué essentiellement de
couches de cendres mêlées de charbons et de déchets
culinaires : poteries brisées, pierres de foyer
calcinées, ossements de petits animaux (volailles, ovins ...).
J'ai été interloqué par la présence
constante d'une énorme quantité d'amphores vinaires généralement brisées
(type Dressel I A) essentiellement, d'origine italique. Mais on
sait par
|
![]() |
|
les chroniqueurs antiques qu'un riche gaulois était capable de
donner un de ses esclaves pour une amphore de vin italien.
D'autres pierres fortement calcinées et rubéfiées étaient mêlées à du laitier durci en loupe plan-convexe au cul des bas-fourneaux, témoignage d'une activité métallurgique artisanale très liée on s'en doute, aux activités agricoles. L'Age du Fer Le bétain montré ci-dessus, à gauche, à titre d'exemple, a été récupéré lors du curage de fossés de drainage, dans les terres fortement hydromorphes des sources de la Franche-Doire et du ruisseau de Champagnac, en lisière de la Forêt des Coutumes ( niches du sidérolithique possibles). C'est un minerai de fer connu à n'en pas douter dès la protohistoire et qui se présente comme un conglomérat, un poudingue constitué de petits cailloux de quartz scellés dans une matrice ferrugineuse couleur lie-de-vin. (Communes de St-Bonnet-de-Bellac et de Bussière-Poitevine). La forêt fournissait ainsi et le charbon et le minerai. |
![]() |
|
Toujours dans la partie nord du département de la Haute-Vienne . . .
Sur le cliché de gauche, une large trace discordante apparaît sur une culture. La composition physico-chimique du sol a été altérée: cela se traduit localement par une coloration différente du sol arable et par une aridité qui, ici, annihile le regain sur les chaumes. L'origine humaine du phénomène est évidente, sa très grande ancienneté est probable. Ces zones apparaissent ainsi dans des cultures sans que l'on puisse risquer une explication plausible : la photo de gauche est prolongée par la photo de droite (astérisque sur la partie commune) qui porte les mêmes stigmates bien que moins nettement dessinés (flèches rouges). Les clichés ont été pris à 10 ans d'intervalle. J'ai retrouvé de semblables discordances sur les sites gaulois de Rancon. Toujours à droite, sur la grande parcelle qui sépare les deux fermes, un parcellaire fossile typique apparaît. Il ne figure pas au cadastre actuel pas plus qu'au vieux cadastre napoléonien (1826). Toujours à droite, en bas du cliché, une tache sombre est entourée d'un petit fossé circulaire. A dix kilomètres de là au sud, nous allons trouver un indice exactement semblable. Trop petits pour être des enclos d'habitat, on pencherait alors pour des sépultures, le dépôt funéraire d'incinération d'un personnage important (voir ci-dessous). |
![]() |
![]() |
|
Cliché de
droite, ci-dessus. Un enclos rectangulaire comme il en existe certainement des
centaines : le bouquet d'arbres pourrait bien marquer l'emplacement de
l'habitat. Ce qui fait la rareté de cette image, c'est
l'entrée en couloir externe. Conformément à la
tradition gauloise, l'assaillant qui est censé attaquer le
retranchement en essayant de forcer l'entrée,
présenterait dans ce cas son flanc droit non
protégé - le côté du bras tenant
l'épée - au coups des défenseurs. La tactique est
connue des archéologues de terrain, c'est le "latus apertum", l'exposition forcée du côté ouvert.
Voyez également des structures similaires : à couloir ou dispositif interne en première page, sur l'oppidum de Villejoubert et en page 2 ci-dessus, le sas d'entrée de notre enclos trapézoïdal curviligne. |
| Sous le signe de Bélénos La
toponymie a un sens en archéologie - mais n'exagérons rien, c'est souvent et simplement "la cerise sur le gâteau" - et le territoire de premier
plan de la photo ci-contre est placé sous l'invocation quasi
littérale de l'Appolon gaulois, le dieu Bélénos. Mais je n'ai pas trouvé trace d'un sanctuaire qui justifierait
l'appellation.
Par
contre et en s'appuyant sur un certain
nombre de photos du même site, chacune peu explicite mais finalement complémentaires,
on peut reconnaître une voie de circulation de tradition
gauloise qui parcourerait en diagonale les deux parcelles de premier plan,
à gauche. Elle apparaît bordée de petits champs de
culture. Par recoupement avec d'autres sites on peut avancer avec les
réserves d'usage, que cette forme "d'hortillonnage" était
bien une spécialité gauloise - non exclusive cependant - de
faire-valoir agricole.
|
![]() |
| D'autres voies sont perceptibles dans le large
environnement du site mais elles n'apportent pas d'éclairage
nouveau . On
notera également le petit enclos circulaire, au sommet de la
rupture de pente qui domine le ruisseau : enclos funéraire
possible du même type que celui que nous venons d'observer. On
remarquera également l'effet des remontées d'eau profonde
entre les plans de clivage des schistes et un ou deux
points de fracture qui les recoupent.
|
| Incursion sur un versant de la Briance |
![]() |
| Nous venons de faire cette incursion au sud de Limoges. pour montrer une autre façon de gérer l'espace agricole. Il nous apparaît difficile de penser que ces petits espaces cultivés pouvaient suffir à nourrir tant les populations résidant dans l'enclos que celles vivant alentour, en espace libre. Il devait bien y avoir, moins structurés et plus diffus, des champs ouverts. |
|
Si on tente d'évoquer une chronologie, on peut penser que sous
l'influence romaine, les cadastres horticoles que nous venons d'évoquer plus haut, ont dû évoluer vers une forme plus structurée de
petites parcelles plus ou moins calibrées mais
séparées par des sentiers étroits raccordés
perpendiculairement à une allée centrale.
Nous vous en
présentons ci-contre un exemple recueilli en
terre marchoise mais il en existe ailleurs.
Ici encore, toutes proches et simplement séparées de la précédente par un lambeau de voie romaine qui s'inscrit en corde de la route actuelle, deux autres parcelles montrent par des signes induits pour l'une et très géométriques pour l'autre, qu'elles ont pu être le siège d'un semblable aménagement aux temps antiques. La ferme ou la villa gallo-romaine (bâtie en matériaux périssables) se trouvait sur une esplanade aménagée
par delà la haie transversale que l'on discerne à moitié, en haut du
cliché,
à gauche : un
aménagement
impossible à percevoir en avion et pas facile non plus à
mettre en évidence au sol.
|
![]() |
|
Par contre - puce à l'oreille
- la parcelle de droite sur le cliché, qui
s'inscrit en angle rentrant dans le microparcellaire, montre
au sol, en haut, qu'elle se situe à plus de 4
mètres en dessous des terres environnantes, un
dénivelé qui va
s'amenuisant vers le bas du cliché et se termine par
un
plain-pied au niveau de la route
(ancienne voie romaine déjà évoquée).
Devinez à quoi cette énorme masse de terre a bien pu servir ? |
![]() |
|
L'image principale représente un terroir agricole au nord de la commune de Magnac-Laval
: dans sa plus grande dimension il mesure 1500 mètres. On en
trouverait facilement quelques dizaines d'autres dans la large
partie bas-marchoise du département de la Haute-Vienne; sans
compter ceux détruits par des remembrements de toutes les
époques
A défaut on aurait pu invoquer un possible grand défrichage de reconquête agricole aux lendemains de l'an mil.. Nous avions pensé dans un premier temps, qu'il pouvait s'agir d'un domaine agricole antique dont la forme se serait transmise jusqu'à nous. D'autant qu'il existait une similitude dans le nom des lieux - "les Grandes Règes" - avec un autre terroir remarqué sur la commune d'Oradour-St-Genest relativement proche, terroir remarquable par ses fossoyages "inorganisés" qui s'étalent sur une vaste surface, ses points d'eau, ses mares et ses routes matérialisées de pure tradition gauloise. Or la carte de Cassini qui représente l'état des lieux dans les années 1760 , montre une forêt dense
de forme similaire et de 1500 mètres également, d'est en
ouest : il s'agit bien du même endroit. L'origine du phénomène n'apparaît donc pas évidente.
Et si nous nous sommes laissés aller à
évoquer une possible origine gauloise, c'est qu'il nous est fréquemment apparu que les fermes gauloises ou les
villa gallo-romaines se repéraient ainsi, au milieu de leurs
terres agricoles groupées en blocs de forme ovoïde.
Le mythe du trait de charrue poursuivi sans interruption du lever au coucher du soleil pour se tailler un domaine, occupe toujours une grande place dans l'imaginaire de tous les temps et de tous les pays.
Plus loin cependant et avec un peu plus de certitudes je vous
montrerai des espaces de cultures ovoïdes peut-être moins
vastes, mais sans aucun doute d'origine antique.
|
| Sur un vaste plateau parcouru par de petits ruisseaux, à proximité de grands bois, sur des terres de landes, j'ai été attiré un jour par la trace éphémère d' une structure archaïque : sur une dizaine de passages aériens, seuls trois ou quatre m'ont apporté des vues intelligibles et complémentaires du site. |
![]() |
|
Les
surimpressions rouges que nous donnons à l'appui de nos images
les plus significatives , ne sont là que pour attirer
l'attention sur les détails les plus typés :
cheminements cantonnés de fossés ou cheminements
simplement créés et marqués par un long
usage (piétinement), enclos rectangulaires (habitat probable),
structures quadrangulaires délimités par de larges
fossés et apparemment imbriquées
|
![]() |
|
Quand
à la structure comportant deux enclos (accolés sur leur
longueur) et pourvue de ramifications sur ses quatre angles
externes - les "antennes" -
nous pourrions y voir ( version "capillotractée" et avec toutes
les réserves d'usage !) des stabulations, des corrals vers
lesquels
des bêtes en libre pâture, auraient ainsi pu
être guidées par des palissades et mises en
sécurité en tant que de besoin. Mais il resterait
à expliquer comment de simples palissades auraient pu laisser de
telles traces.
A ce jour, ces images illustrent
néanmoins un cas unique en Limousin mais des structures du même type ou
ressemblantes ont été photographiées en Picardie. |
![]() |
|
D'une
image à l'autre, au fil des saisons, en raison de
l'évolution de la végétation et de
circonstances météorologiques différentes, des
indices peuvent être privilégiés par rapport
à d'autres et de ce fait, les traits de l'interprétation
peuvent flotter légèrement autour des mêmes figures.
C'est
le lot incontournable de la photo-interprétation qui n'est pas
parole d'évangile mais incitation à aller au-delà
des idées reçues.
|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |