Paysage limousin


ARCHEOLOGIE AERIENNE

en Limousin


Rève d'Icare
   Après une expérience dans "l'aviation populaire" débutée en 1950  par  le vol à voile, l'opportunité d'une époque  me valut, cinq ans plus tard, une formation    militaire  suivie d'un   long  passage  dans la réserve  comme observateur-pilote de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT). Pilote, observateur et photographe, trois techniques intimement liées dont le temps n'a  émoussé ni l'intérêt ni le souvenir.
Insigne
   Ainsi et bien des années plus tard, une idée pas tout à fait fortuite, me vint  de m'essayer   à des recherches  aériennes, archéologiques cette fois, à l'exemple de celles menées avec grand succès  dans les plaines du Nord, des Charentes ou de Bourgogne, par des archéologues pleins d'imagination.



 Les donneurs à voir


     Ceux-ci ne faisaient d'ailleurs que poursuivre une initiative d'où les français n'avaient pas été absents. Déjà en 1631, prenant de la hauteur en même temps qu'un certain recul, le sieur LOUVET écrivait  dans son ouvrage  Histoire et antiquités du pays de Beauvaisis : " Quand cette campagne est ensemencée de bled, on y reconnaît encore le compassement et les endrois des rues où le bled est plus petit qu'es lieu où les maisons étaient bâties". La photographie ci-contre a été prise au-dessus de la ville romaine du "Vieux Poitiers", bien loin du pays de Beauvaisis. Mais elle illustre si  bien  les  propos du sieur Louvet  que  je  vous  recommande  de  visiter  ce    site de nos voisins poitevins.
Le "Vieux Poitiers"

     Quelques siècles encore et après la première guerre mondiale, un jésuite inspiré, le RP Poidebard,  après avoir gagné le surnom de  "missionnaire d'Arménie", menait au Moyen-Orient  diverses  missions  diplomatiques, militaires, caritatives ou d'enseignement. Installé à Beyrouth dans les années 1920, il mit à contribution les moyens des aviateurs français basés au Liban et découvrit  dans les sables de Syrie, le limes (frontière) de l'Empire Romain d'orient et quantité de restes monumentaux. Il reconnut  en 1936, sous l'élévation des eaux, les aménagements antiques du port de Tyr et poursuivit ses recherches en Afrique du nord jusqu'en 1948. Ses recherches eurent plus d'écho à l'étranger qu'en France.
    Pour en savoir plus, visitez le site dédié au Musée virtuel de l'Université Saint Joseph de Beyrouth.
Potez 25 Militaire TOE

Village médiéval détruit     Mais déjà les Anglais jamais en reste d'imagination,  se plaçaient en bonne position. Dès le début des années 1920 également et à l'étonnement général, CRAWFORD détectait des indices archéologiques sur des terres agricoles complétement nivelées. En 1928 et en 1929 il publiait avec KEILLER, ses premières  photographies .  Ce fut un succès retentissant, on parla à  ce propos d'apparitions et de "fantômes du Wessex". Parmi les grands professionnels anglais je retiens pour l'avoir approché en 1992, la figure de JOHN KENETH SAINT-JOSEPH, professeur de l'Université de Cambridge  qui débuta ses recherches juste avant la seconde guerre mondiale et les poursuivit jusqu'en 1980, d'abord avec les moyens de la  Royal Air Force puis très vite sur l'avion  de son université, spécialement équipé et confié aux mains d'un pilote très entraîné. Chez nous et cinquante ans plus tard , on en est toujours aux initiatives privées aéroportées sur nos chères trapanelles d'Aéro-Club.
  Très au courant des travaux anglais, c'est en effet dans ces conditions précaires que le grand archéologue et pionnier français ROGER AGACHE, entreprit ses premières recherches en 1960  au-dessus de ses  terres de Picardie. Malgré la modestie des moyens mis en oeuvre, les résultats  furent spectaculaires. Au-delà de la profusion des sites révélés, le mérite de Roger Agache tient surtout au travail d'historien qu'il  sut construire autour de ses découvertes. La démarche retint l'intérêt de nombreux professionnels soudain étonnés sinon secrétement dépités: c'était trop beau pour être vrai disaient certains. Un public moins averti mais plus avide de sensationnel fut surtout captivé par les nombreuses photographies reproduisant des plans de bâtiments antiques tracés par les charrues  qui remontaient en surface le calcaire blanc des  solins   et qui les étalaient sur l'étendue  marron-brun du loess de Picardie.
 
Image d'une villa romaine
    En Picardie également, d'autres phénomènes pédologiques concourent à la révélation des monuments disparus et c'est heureux pour l'archéologie de nos  régions au sol mince, lourd et ingrat issu des vieilles roches du  socle hercynien. 
   Les travaux de notre pionnier picard firent quelques dizaines d'émules qui entreprirent, du haut du ciel, d'explorer le sol de leur région .     
    Pour l'historique de ces initiatives  et l'exposé des travaux de Roger AGACHE, visitez le site remarquablement complet du
  Ministère de la Culture ou encore l'Encyclopédie Wikipédia.

     Au rang des ces découvreurs je n'aurais garde d'oublier notre voisin charentais Jacques DASSIE dont les travaux de recherche aérienne furent et demeurent contemporains de ceux  d'Agache. On me dit que ces deux chercheurs, devenus octogénaires, volent toujours: quelle santé ! De la Gironde à la Vendée et de Chassenon à l'Atlantique, Jacques Dassié a écumé sa région et enregistré des milliers de témoignages archéologiques de premier plan. Je ne peux que vous encourager à visiter son site principal .                                                                 
   Toujours en matière d'archéologie aérienne, n'oubliez pas  de parcourir les nombreuses références et les centaines  de pages que pourra vous suggérer votre moteur de recherche préféré au chapitre de l'archéologie aérienne: vous y retrouverez   d'autres sujets d'intérêt mais également les initiatives méritantes de quelques dizaines d'autres chercheurs volants moins connus. 
Jacques Dassié en vol


Les chemins de la découverte

Dessins d'enfants
   Je consacrai pour ma part, les premières années de la décennie 1980  à la mise en place des conditions matérielles de mon expérience. Que soient remerciés ici mes amis de l'ancien Aéro-Club Renault-Véhicules-Industriels qui sans poser de questions, hébergèrent  mon avion sur leurs installations de Bellegarde.
   Que soient remerciés également la Fédération des Oeuvres Laïques de la Haute-Vienne (Centre Laïque d'Aviation Populaire), les directeurs et les maîtres d'écoles qui permirent  durant plus de 10 années, à d'innombrables petits écoliers  de découvrir avec nous leur commune vue du ciel. Sans oublier  les Clubs du Troisième-Age... !
 
 Leur contribution à tous me permit d'amortir sensiblement le coût  de l'expérience dans laquelle je m'étais lancé et il m'a semblé juste que je leur en fasse hommage.

                              Chasseur d'anomalies

   Contrairement au proverbe , il est nécessaire d'espérer pour entreprendre et il devient assez vite important de réussir pour persévérer. Or le temps  passait et mon tableau de chasse archéologique ne s'étoffait guère. J'avais relevé quelque part une définition simpliste de l'archéologie aérienne : "voler la tête vide et attendre le choc de l'anomalie".  Pas si sûr que ce soit une boutade, toujours est-il que je  pris l'adage au pied de la lettre:  je chassais l'anomalie.

Domaine de Valmat


   De cette rareté de trouvailles, je déduisis l'hypothèse que j'étais probablement peu doué pour la discipline archéologique ou bien que durant notre époque protohistorique et antique, habitants de la Gaule profonde, nous n'aurions pas cessé de construire en matériaux périssables et serions  restés ainsi, résolument transparents. Le directeur des antiquités historiques du moment m'avait d'ailleurs prévenu :   
    -"Vous verrez, vous ne trouverez rien... j'ai déjà fait voler ! "
   La  parfaite logique de l'avertissement m'amusa  mais comme les découvertes    archéologiques espérées se faisaient rares, la photographie d'agglomérations, de sites paysagers, industriels ou de curiosités de toute nature, occupait l'essentiel de mes vols. 


Archéologie indstrielle 1
  Je repérais ainsi   dans le paysage, des  scènes que je jugeais instructives, amusantes, impertinentes, pittoresques, parfois esthétisantes comme peuvent l'être des cartes postales exotiques. Je vous en ferai part, ici ou là . Il m'arrivait également de relever  des traces insolites que j'estimais le plus souvent de médiocre intérêt ou historiquement inclassables. Mais personne ne s'y intéressait vraiment et surtout personne n'en prenait ombrage. 
Archéologie industrielle 2

Iles

 

Intra muros


 Et puis un jour  . . .

    Et puis un jour il me vint un raisonnement imparable : si je voulais enfin observer des signes de vie  remontant   à la  haute époque des gaulois, c'était bien sur la plus vaste  de  leurs  forteresses   que je devais chercher.

   Et cette fortification gauloise était chez nous en Limousin, c'était l'Oppidum de Villejoubert, près de St Léonard-de-Noblat : trois cents hectares de terres agricoles perchées sur le dos d'un long plateau entre deux rivières. Une longue table doucement inclinée au sud et toujours cernée, dans l'intervalle des falaises abruptes, par de hautes levées de terre.

       Alors un jour au-dessus de Villejoubert, des images se mirent à parler.

Oppidum
   Leur signification ne fut pas comprise par l'archéologie traditionnelle qui espérait sans doute du monumental et attendait peut-être un "Bibracte" limousin.
   Il faut bien dire que l'interprétation que nous en donnons maintenant ne fut pas immédiate et des dizaines de clichés furent nécessaires pour entrer dans la familiarité  de structures archéologiques jamais vues jusqu'ici .   Certes, nous avons appris à les  reconnaître mais il s'en faut de beaucoup cependant que nous puissions leur attribuer définitivement une destination dans le mode de vie mal connu, de "nos ancêtres les gaulois".

   C'est donc sans méthode arrêtée que nous proposons ci-dessous et dans cette première page, un simple aperçu, à peine un début d'inventaire dont les différents aspects s'éclaireront au fil des pages que nous consacrerons plus loin à ce site aujourd'hui déserté par l'archéologie .        


Villejoubert en Limousin :  le plus grand oppidum des Gaules.

    
 
A l'ouest, sur la partie sommitale, le retranchement ultime
avec au centre, "l'enclos des chefs" : La Clautre.

Réduit défensif

   Un "murus gallicus" ( le mur gaulois ) est une grosse levée de terre et de cailloux  qui fut en son temps établie sur des réseaux superposés de troncs d'arbres encloués ( technique de la "terre armée" ),  à laquelle s'adosse un mur frontal de défense.
   Sur notre cliché figure
(flêches rouges) un rempart secondaire à peine moins volumineux que le rempart principal qui entoure l'immensité du site. Il ceinture ici une zone qui forme l'endroit le plus élevé de l'oppidum, en légère déclivité vers la droite du cliché, le sud. Le relief de la fortification est particulièrement bien conservé sur sa courbe, à droite de la photo.

     A l'intérieur, à gauche, l'espace agricole qui domine la Maulde, apparaît temporairement vide d'indices de peuplement ancien. A droite, on note des placages argileux qui entretiennent une certaine humidité sur le  fond d'un petit thalweg. Curieusement ce phénomène semble avoir été bloqué par le mur défensif gaulois. Sur l'étendue d'herbe verte, on observe deux plages  rendues probablement plus arides par des apports de matériaux stériles destinés à créer un léger tertre d'habitat ( présence de lignes de fossés ) : un artefact également remarqué sur d'autres sites.

    Entre les deux zones, un compartiment en rectangle allongé est d'abord marqué par un fossé ténu. A l'intérieur, une parcelle de culture à angles vifs est une création du XIXème ou du début du XXème siècle. A sa place et en léger décalage d'orientation, le cadastre "napoléonien" montrait le pourtour ancien d'une zone à angles adoucis, établie en terrasse. Notre cliché en dessine encore l'emprise sur trois de ses côtés avec une probable entrée en "entonnoir", à gauche, près d'une petite construction de la ferme abandonnée de la Clautre.

    A l'intérieur encore un nouvel enclos à large enceinte; un rectangle à angles vifs, très "géométrique" occupe un angle de la terrasse. Au milieu, la trace oblique d'un petit rectangle pourrait rappeler une "maison" d'époque : une trace qui réapparaît à chaque épisode de déprise agricole.
    Et l'inventaire pourrait se poursuivre . . .

   Et en dessous de "l'enclos des chefs" et du "murus gallicus", le versant du Taret . . .

Structures gauloises

      A l'est, sur la crête de l'oppidum : le site des Linières.

Ferme gauloise

                                 Les chemins d'accès à l'Est, chemins de tous les temps.

Chemins fossiles

   De la protohistoire à l'époque moderne, les vieux chemins disparus sont révélés par le piétinement qui a creusé le passage et concentré l'érosion au cours des siècles. Maintenant comblés ou en cours de comblement, leur assise ou éventuellement leurs fossés latéraux, concentrent encore l'humidité en période de sécheresse. Sur les labours, l'éclairage rasant des soirs d'automne souligne leur présence.

    Ici, la trace la plus proche de nous, ponctuée par un arbre isolé, est certainement  contemporaine de l'indépendance gauloise et de la création de l'oppidum : le chemin émanait de la porte fortifiée orientale des Sagnettes (à gauche hors limite du cliché mais repérable sur la vignette qui ouvre ce chapitre) sur le rempart transversal qui barre le site et conduisait à un gué sur la Vienne, au sud.

    Le plus important est cependant le moins marqué; il émane lui aussi de la porte fortifiée des Sagnettes. Ses fossés latéraux témoignent de son statut supérieur, ils s'inscrivent en filigrane dans la parcelle de gauche : notez qu'ils collectent encore suffisamment d'eau pour qu'une rigole qui s'en échappe, aille alimenter en contrebas, une mare bordée de saules. Plus loin, dans d'autres pages, nous préciserons et prolongerons cet itinéraire protohistorique majeur qui conduisait à un gué sur la Maulde.
   
   La route actuelle (voir plus loin les pages consacrées au site) a  remplacé un itinéraire plus fruste dont on perçoit encore le tracé parallèle. Il s'agit de chemins échelonnés dans le temps mais très tardifs et dont l'origine, au plus tôt médiévale  pourrait être due aux moines du prieuré de l'Artige (?) dont quelques ruines dominent encore le confluent des deux rivières. Elle est en tout cas bien postérieure au temps de l'indépendance gauloise; en témoigne leur passage au travers de l'oppidum qui défonce et démolit   deux remparts gaulois successifs.

        Pour un archéologue  attentif, il y a encore bien des choses à observer et à reconsidérer sur "l'Oppidum de Villejoubert". 
      
 
Autres lieux gaulois et gallo-romains, autres structures . . .

Cultures gauloises


AVERTISSEMENT

  Les remarques, constats et considérations qui font l'objet des sites :
   
                                            limousin-archeo-aero.fr       et        archeologieaerienne-marchelimousin.fr
sont  plus particulièrement destinés à un public  déjà sensibilisé à nos racines gauloises et intéressé par l'évolution des usages et coutumes durant notre période gallo-romaine .


       Un public déjà suffisamment  au courant des anecdotes, souvenirs, travaux,  fouilles, trouvailles,   essais . . .  par lesquels des chercheurs pugnaces  ont entrepris il y a bien longtemps  et continuent  aujourd'hui, de faire avancer la  quête méticuleuse des  vestiges de notre passé jamais séparée de l' interprétation mesurée sans laquelle il n'y aurait point d'amateurs d'Histoire.
     Avec des moyens nouveaux et la part de bon sens que j'ai reçu en partage, j'essaierai ici de m'inscrire dans cette mouvance.
      Il est remarquable que le meilleur occupe la plus  grande place dans  cet interminable ouvrage qui se poursuivit depuis des siècles; un ouvrage où j'ai longtemps voulu voir la science autant que l'immense  bonne foi, le coeur et la passion de ceux qui s'y sont attachés. Mais depuis et dans des domaines que j'ai approché de très près, il  m'est apparu parfois utile de balayer un  terrain encombré par  de vieux fantasmes  pour laisser la place à quelques réalités du terrain, jamais repérées ou mal comprises et laissées en déshérence .

   Car en matière d'histoire, il n'était pas encore arrivé en Limousin, qu'un aviateur   lambda s'intéressât un jour à autre chose que ses manettes.
     C'était au début de la décennie 1980.

  L'institution du moment soufflant le froid et le chaud, ne tarda pas à me contester  avec un certain dépit, la capacité d'émettre le plus anodin jugement sur les images que je rapportais de mes sorties aériennes. Allant jusqu'à monter "urbi et orbi" des contre-enquêtes stériles (Villejoubert) ou de contester par  de fallacieuses  appréciations des réalités mesurées sur le terrain au prétexte ai-je compris, qu'aucun chroniqueur latin n'avait jamais fait état de réalités aussi considérables; ainsi la voie du Bas-Félix.  
Félix
  C'était surestimer la bonne volonté du faire-valoir et faire peu de cas de sa probité . 
 

   En quelques années à peine et sur le sujet des voies antiques en particulier,   par des emprunts naïvement autorisés de mes images aériennes mais également par le jeu de quelques  piratages caractérisés, je me suis  retrouvé  associé "à l'insu de mon plein gré" à une doctrine instaurant  une succession de parcours isolés dont les titres à l'antiquité n'apparaissent pas flagrants, un patchwork d'itinéraires privé de tout contexte d'époque et  changeant  d'ailleurs d'une saison à l'autre au gré d'intimes convictions flexibles. Tous produits portés vers le public par une littérature érudite et flatteuse.
   La dichotomie entre cet aspect "verbo-moteur" d'une certaine  recherche et nos constats et  trouvailles issus  de l'analyse in situ du terrain  observé sous tous les angles, apparaissait plus flagrante à chaque publication.

     Survol d'un pays aux lendemains de la conquête

   Et c'est ainsi que progressivement, au fil de  centaines d'heures de vol coupées de longs temps d'interrogation et de doute, une certaine sérénité me vint enfin avec le parti de juger les choses par moi-même dans la simplicité du "bon sens agricole" !
   Alors et parce que par nature l'avion permet de voir plus et de voir plus loin,  j'ai  finalement réussi au fil des jours, au fil des ans, à enchainer sans rupture ni hiatus des constats au long cours au travers du pays lémovique, dégageant  des thèmes,  repérant des liens et des formes jusqu' à entrer  progressivement dans la familiarité des us et coutumes de voyers romains asservis à l'austère doctrine du Génie des Légions.
   
Des techniciens aux prises avec le maillage agricole et le peuplement  d'un pays conquis certes mais loin encore de s'être abaissé à  l'incontournable humilité du vaincu ni disposé à accepter  la  tutelle d'un vainqueur aux projets incompréhensibles dans leur démesure.

   Dans cette investigation, après l'avion formidable élément précurseur, soulignons le rôle indispensable du contrôle au sol qui, non seulement apporte  la vision rapprochée du phénomène repéré en vol mais joue souvent le rôle de "pierre de touche" confirmant, rectifiant ,annulant selon le cas, des détails du jugement primitif. 

   En ce début de chaîne il manque encore - il manquera encore longtemps sans doute - le travail plein d'enseignements de l'archéologue de terrain qui  saura détecter et fouiller les gisements intacts et non frelatés, seuls susceptibles d'apporter les éléments majeurs d'une information claire.

   Sans oublier - quand cesserons enfin les divagations savantes - les apports  du botaniste, du géologue, du pédologue et pourquoi pas de l'éthnologue . . . qui  apporteront un jour n'en doutons pas, les réponses ciblées et l'éclairage que nous attendons  aux  questions  que nous percevons sans cesse, induites - dans le milieu naturel et jusque dans les milieux humains des temps modernes - par le passage de ces grandes voies antiques.


____________________________________

       Voici donc un site sur ce qu'il est convenu d'appeler "l'archéologie aérienne". En espérant qu'au moins les "amoureux des vieilles pierres", -  mes frères -  trouvent là quelques  idées neuves,  l'envie de considérer avec des yeux nouveaux  et plus affûtés leurs paysages familiers et le sentiment qu'il n'est pas nécessaire  - amateurs que nous sommes - de faire assaut d'érudition pour tenter de découvrir et d'entrer dans la compréhension de notre lointain passé.


   Cela dit les commentaires que nous formulons ne sont jamais des conclusions définitives et ne prétendent qu'à orienter la réflexion vers un ensemble de faits qui nous semblent assez bien s'articuler entre eux pour que l'on puisse  penser que nous sommes en marche vers notre part de vérité.
   Ces mêmes commentaires et réflexions ne concernent que ce que nous avons vu et ne sauraient être extrapolés à un territoire plus vaste que celui que nous avons survolé : une très  large partie nord de la Haute-Vienne.

    S'agissant d'une méthode  particulière qui apporte une vision inattendue des choses du passé et pour laquelle il n'existe pas d'antécédent  sur notre région - l'archéologie aérienne - l'abord des pages du site dans l'ordre où elle sont présentées me paraît être la seule façon de progresser d'une notion nouvelle à l'autre afin de s'imprégner de cette lecture très particulière du paysage et d'en reporter l'acquit sur la suite des sujets traités.

   Cependant et pour faire droit aux commentaires de quelques amis, familiers de l'internet et qui souhaitaient "butiner" les pages  de mon sujet (oui c'est ça, "surfer" !) j'ai composé à leur intention un clavier à la fin de cette page.


    On voudra bien comprendre la part du  dilettantisme certain qui a accompagné cette démarche très personnelle de  remonter ainsi par le truchement d'un avion et  par petites observations successives, vers  quelques  aspects  de notre histoire limousine d'avant l'écriture.
     Et considérer que jamais un jeu  n'aura   autant sollicité  mon intérêt durant de longues années de vols et de randonnées : le plaisir toujours renouvelé d'apprendre et assez souvent, la joie fulgurante de comprendre.

    Les explications et interprétations que je suis amené à proposer à l'appui de mes clichés sont inspirés par ce que je peux connaître des  travaux des archéologues des Régions françaises, spécialistes des habitats, sanctuaires et structures des époques protohistorique et antique.

    J'ai tenté de fonder en tant que de besoin, mes rares références à l'histoire protohistorique et antique de notre département sur des ouvrages de synthèse et en particulier la "Carte Archéologique de la Gaule"de 1964 et 1993, dont les éditions  concernant la Haute-Vienne sont dues au talent et à l'immense expérience de Jean PERRIER.

    Et je n'aurai garde d'oublier ce que nous devons tous à un homme trop tôt disparu, qui se donna pour tâche dans les années 1960,de sortir des limbes et de préciser le tracé d'un grand nombre  de voies antiques de ce département : Raymond COURAUD, homme de terrain s'il en fût et qui orienta l'essentiel de ses recherches au sol par l'examen méticuleux des photos aériennes de l'Institut Géographique National (IGN), couverture verticale de 1959/1960.
   S'il ne connut pas une totale réussite en tous lieux - et qui pourrait s'en prévaloir - il est remarquable que les solutions qu'il a proposées furent souvent de celles qu'un ingénieur romain des plus pointilleux, n'aurait pas désavouées. Et quand il lui arrivait de battre  la campagne à peu de distance de traces  qui auraient demandé le temps d'un complément d'enquête, il est fréquent qu'il ait eu l'intuition et l'intelligence de placer sur ses cartes, les pointillés d'un autre  tracé possible où il nous arrive de  trouver aujourd'hui les indices indiscutables d'un passage antique qu'il avait pressenti, sans avoir  pris le temps de le visiter . A ce jour -  mais rarement à bon escient, ironie du sort ! -  il est fréquent que l'on "emprunte" et "aménage" ses tracés mais sa leçon véritable est toujours  méconnue de l'archéologie conventionnelle.

   Les références toponymiques que je tente mettre en avant ici et là, se réfèrent particulièrement au travail remarquable de l'ancien professeur agrégé, l'archiviste et  linguiste  Marcel VILLOUTREIX : "Les Noms de Lieux du Limousin" . . .de la Haute-Vienne . . .  de la Creuse . . . de la Corrèze.

  Mais au-delà de ce fonds de renseignements issu des études, des enquêtes et des  fouilles   d'archéologues sérieux et très expérimentés, et en considération de l'ampleur d'une photothèque aérienne dont l'essentiel  révèle  - à de rares exceptions près - des indices archéologiques encore jamais vus ni répertoriés sur notre sol, je n'hésite pas à formuler un certain nombre d'interprétations personnelles, de jugements ou de simples explications tirés de l'expérience que j'ai fini par acquérir au cours du temps et  qui me sont apparus assez plausibles pour "contenter l'oeil et l'esprit" selon la formule d'un vieil artisan.


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