
Un terroir gaulois |
| Carte IGN au 1/25000ème Série bleue N° 1929 Est BELLAC |

| La
mosaïque
photographique renseignée ci-dessus et les photos qui suivent se suffisent maintenant à
elles-mêmes; elles montrent l'importance des indices induits : collecte et réemploi de
matériaux et surtout flore spécifique,
pour
le repérage des voies antiques. L' inventaire que nous en donnons n'est certainement pas exhaustif. Ici, les tracés routiers tiennent d'abord compte d'un relief relativement facile à maîtriser. Mais seul l'évitement des lieux habités peut expliquer la lente flexuosité des voies : une observation plus constante aurait sans doute permis d'aller au-delà d'un seul constat de zone d'habitat (terroir C, ci-dessous). En 2010 cependant Google et l'IGN montrent dans la parcelle des Chapelots, des trace de fossés inconnues des cadastres et qui s'expriment faiblement dans l'angle buissonnant de la parcelle. |

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Les bâtiments du village ont été construits
et reconstruits d'un siècle à l'autre, en utilisant
les pierres tirées du sous-sol à faible profondeur (1). Il s'agit
essentiellement d'un
mauvais schiste jaune-pâle dont les parements ont tendance
à se désagrèger sous l'effet de l'humidité
: cadres photographiques jaunes repérés par un astérisque jaune
ci-dessous.
Une variété plus compacte - dite pierre des Taillas, site à peine distant - issue de niveaux plus profonds et plus difficiles à atteindre présente une meilleure tenue et des parements plus foncés. |
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En calage on remarque quelques plaquettes d'un schiste
micassé (2), bleuté, très dur à extraire car il s'effeuille sous le marteau. Ses affleurements autrefois
visibles dans le village, sont maintenant recouverts par le bitume.
Nous en faisons une mention
spéciale ci-dessous car il va réapparaître en longue balafre
et à la même cote d'altitude, au travers du domaine
antique de Busserolles que nous allons survoler.
Il s'y ajoute , en mélange, une infinie
variété de pierres de toute provenance, totalement
étrangères au substrat local et qui ne peuvent selon nous,
que provenir d'un stock séculaire constamment
réemployé depuis la démolition des voies antiques.
Nous avons même observé un gros nodule de bétain en provenance possible de la sole d'une ancienne ferme gauloise voisine où se pratiquait une petite métallurgie.
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| 1 Grand Chemin des Landes : une cépée de houx arborescent. Sur
ces très vieux rejets, les feuilles n'ont plus
de piquants.
2 Bezeau, haut du village : sur le passage de la voie, un grand frêne au milieu d'anciens jardins. Le frêne aime les sols frais et profonds. Une importante touffe de buis est accolée au tronc, à l'opposé de la cabane. F sur la mosaïque verticale : le buis arbuste calcicole marquait et marque encore l'emplacement de constructions, petites ou grandes d'époque antique. La chaux du mortier romain toujours présent dans les sols d'éboulis, contribue à entretenir un biotope favorable à cette plante. Quant à l'argile des torchis, on a remarqué depuis longtemps qu' un léger ajout de chaux lui donnait du corps et la rendait plus dure et moins sensible à l'humidité. |
| La présence repérée en rase campagne ou ailleurs, de fortes cépées de buis trahit les ruines plus ou moins disparues, d'habitat ou de constructions gallo-romaines. Il n'est pas rare qu'une toponymie caractéristique, d'origine latine ( buxus : le buis) marque ces lieux : Bussière, Busserolles, Buxerolles, Labussière, Le Bois . . . |
| 3 Grand Chemin des Landes : touffe de fragon - une entre mille autres. Et il serait peut-être fastidieux d'aller plus loin mais on peut tout de même dire encore que : - le genêt aime les sols secs et acides, la rocaille. Au printemps, sa floraison jaune d'or, visible de loin, vous indiquera les passages du chemin antique : le Masbourdier (Verneuil/Vienne), le Queyroix (St-Priest-sous-Aixe), Bois des Vaseix en élément pionnier avec la ronce, après dégagement des chablis de 1999 . . . - la ronce et l'ortie suivent l'homme à la trace depuis la nuit des temps : touffes envahissantes aux abords des gués, Vincou, ou en rase campagne, prairie de la Maillartre (Verneuil) . . . - le coudrier en cépées aime l'humus et les sols frais . Il balise souvent les fossés des voies : le Boschaudérier . . . - le saule colonise toutes les arrivées d'eau : Boulevard du Mas-Bouyol . . .
- le noyer pas plus que le buis ne sont endémiques en Limousin. Ils colonisent cependant les emplacements où se sont élevées un jour des édifices romains ou autres: l'imprégnation des terres par les restes de mortier va dans le sens de ses affinités calcicoles (vicus de Chassenon, terres riveraines du Chemin-Ferré aux Richards, terres de Grandvaud, de la Trémouille etc . . .)
- l'érable champêtre qui dans certains cas, marque le passage des anciennes voies : il ne semble pas être partout à son aise. Une remarque au sujet du fragon : il marque également de sa forte empreinte les zones d'attente, les terrasses élevées au-dessus des gués, caravansérails où voyageurs et rouliers attendaient la fin des crues qui rendaient les gués impraticables.
Mais, chose curieuse, si nous ne sommes pas étonné de
trouver de telles plates-formes au-dessus de gués comme
Verthamont en aval de Limoges sur la Vienne par exemple ou ailleurs,
autant nous sommes surpris d'en observer au-dessus des ponts
réputés antiques ou d'origine antique tels que le
Pont-des-Piles sur la Vienne à Verneuil ou à Rancon sur
la Gartempe.
Plutôt que des ponts à arches, il aurait peut-être pu s'agir à l'origine, de simples piles de maçonnerie massive - qui seraient venues jusqu'à nous comme bases de ponts plus tardifs - des piles supportant des tabliers rustiques en bois , établis au ras de l'eau, et donc sensibles eux aussi, aux crues d'un certain niveau. Mais le fragon a aussi ses terres : ne le cherchez pas entre Glane et Gartempe sur le méridien de Rancon. |
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Une remarque . . . a posteriori . J'allais oublier le sureau !
Au hasard des campagnes autrefois, le sureau colonisait les abords des
rigoles qui emmenaient dans les prés le lisier des
porcheries. Dans les villages, frères omnivores . . . des cépées de
sureau couvraient - et couvrent encore - d'une ombre
légère certains édicules au fond des jardins.
On s'étonne quand même de trouver cet arbuste en
rase campagne, en certains points bien précis, aux abords du passage de voies
antiques. Comment une imprégnation organique aussi ancienne peut-elle encore se manifester ?
Plus près de nous sans doute, sur la rivière Vienne, une montée de voie émanant d'un gué disparu et sans aucun doute d'origine antique, a vu son usage se poursuivre très longtemps. En effet, il y eut, tardivement un donjon sur la crête : des aménagements se lisent encore sous la mousse et les ronces. Un filet d'eau ponctué de bassins, dévale encore la pente en rive d'un reste de chemin. Des rejets de sureau abondants se maintiennent tout au long du parcours mais la pénombre dense des grands arbres les réduit localement à la taille de 30 à 50 cm. |
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